4 / L'atelier Techniques de montage des mouches

Les poils en fly tying

Les poils en fly tying

Bon, après vous avoir parlé des cous de coq puis du dubbing, et enfin du CDC, je vais aborder un peu le chapitre des poils.

Mais d’abord, une petite vidéo de Java pour détendre l’atmosphère.

Java – Le poil

Plus sérieusement, ce chapitre est également très ardu, car grosso modo, il y a autant de poils différents pouvant être utilisés dans le fly-tying, qu’il y a d’espèces animales. Je ne peux donc être exhaustif. Comme choisir, c’est renoncer, je vais donc y mettre une limite…. enfin deux.

D’abord, je ne vais parler que des poils que l’on utilise pour le montage des mouches sèches et émergeantes, ce qui élimine les poils utilisés uniquement pour les grands streamers : ours, mouton islandais, chèvre arctique, singe, yack, etc. Ensuite je ne vais parler que des poils les plus connus.

Par exemple, j’ai du poil sur peau de Tahr (Hemitragus jemlahicus) qui est un caprin de l’Himalaya, mais je ne vais pas en parler plus, car d’abord, je n’ai pas (encore) trouvé de montage mettant en valeur ce poil, et que d’autre part, il est quasiment impossible d’en trouver. Idem pour du poil sur peau de capibara (Hydrochoerus hydrochaeris) qui est le plus gros rongeur du monde et qui vit dans le bassin Amazonien. Un ami m’en avait ramené un patch d’un voyage de chasse en Argentine.

Enfin, et pour chaque catégorie de poils, je vais tenter de vous montrer une mouche que je monte avec.

Il va sans dire que pour certaines des espèces que je vais aborder, il est possible d’utiliser les poils pour monter des mouches sèches et émergeantes, mais également (et parfois surtout) des noyées et des streamers. L’écureuil par exemple : les poils longs (en particulier de la queue) peuvent parfaitement être utilisés pour des mouches noyées (mouches pour migrateurs, entre autres), mais également pour des streamers.

Ces même longs poils peuvent également être utilisés pour faire des cerques d’éphémères, alors qu’en n’en prenant que les pointes, ils font des ailes de sedge ou d’émergentes de toute beauté. Enfin, la bourre peut être utilisée pour faire du dubbing. Donc, rien que ceci laisse entrevoir la diversité, ainsi que la complexité de ce sujet. Mais qu’à cela ne tienne, j’ai juste envie de partager cela avec vous. Je vais donc vous parler des poils des espèces citées ci-dessous.

    • Cervidé (pris au sens général)
    • Lièvre
    • Lapin
    • Ecureuil
    • Antilope
    • Chamois
    • Ragondin
    • Rat musqué
    • Marmotte
    • Martre
    • Loir
    • Souris
    • Raton laveur
    • Blaireau
    • Taupe
    • “Opossum”
    • Sanglier

Avant de considérer ces différentes espèces, il me semble cependant opportun de faire un bref rappel de termes et noms, très souvent Anglosaxons, qui sont utilisés dans le monde de la pêche à la mouche, et qui sont relatifs aux poils. Tout comme, de vous présenter le plan général de cet article, qui est le suivant.

A) Lexique et espèces animales

B) Les poils : caractéristiques anatomiques et microscopiques

    • Morphologie et structure microscopique
    • La cuticule
    • Le cortex
    • La médulla

C) Poils de cervidés

    • Poils creux : mythe ou réalité
    • Poils gros et longs, poils courts et fins
    • Le comparadum
    • Couleurs naturelles, « bleached » et poils teintés
    • Le chevreuil (roe deer)
    • Le cerf (deer), le wapiti (elk) et le renne (reindeer)
    • L’élan (moose)
    • Les oreilles

D) Poils de lièvre et de lapin

E) Poils d’antilope, de grand bahral et de chamois

F) Poils d’écureuil

G) Poils de marmotte, de renard et de raton laveur

H) Poils de loir et d’opossum

I) Poil de taupe et de souris

J) Poils de rat musqué et de ragondin

K) Pois de blaireau et de sanglier

L) Récapitulatifs des caractéristiques des poils

M) Références

Allez, on y va!

A – Lexique et espèces animales

Je vous présente les termes par classement alphabétique pour plus de facilité de lecture.

Badger (Meles meles) : blaireaublaireau; badgerPhotographie de blaireau – extraite de Wikipedia.

Beaver (Castor fiber en Europe, Castor canadensis sur le continent nord-américain) : Il s’agit bien du castor, très difficile à voir, mais dont les traces, elles, sont parfaitement reconnaissables. Photographie de castor européen – extraite de Wikipedia.

 

castor, beaver, tronc oupéTronc de peuplier (diamètre d’environ 27 cm) coupé par des castors. Photographie de l’auteur.

Belly: le ventre. Partie ventrale de la peau  ou les poils sont souvent plus fins, longs et souples que sur le dos et les flancs.

Black squirrel : Ecureuil noir. Forme mélanistique (sombre, voir noire) apparaissant chez plusieurs espèces d’écureuils, principalement chez Scirius niger et S. carolinensis. Voir “Squirrel” ci-dessous.

Bleached : blanchit

Buck (roe buck) : mâle (chevreuil mâle).

Bucktail : queue de cervidé (deer tail) prélevée chez un individu mâle. Elle présente de très grands poils, largement utilisés pour les grands streamers. Le bucktail proviendrait de plusieurs espèces différentes, parmi lesquelles, le daim. Il est possible d’utiliser les pointes de ces grands poils pour faire des cerques d’éphémères, ou des antennes de sedges.

Bull : mâle  – taureau.

Chamois (Rupicapra rupicapra) : chamois. Une sous espèce, l’isard (Rupicapra pyrenaica) vit dans le Pyrénées, et est plus petite. Il est possible d’en voir de grandes hardes au pieds du pic d’Ossau.Photographie de chamois – extraite de Wikipedia.

Colored : teint.

Comparadum : Il s’agit d’un montage de mouche particulier dit « comparadum », ou les poils de cervidés sont dressés, simulant ainsi l’aile. Ce montage présente une flottaison basse.  On fait cette mouche avec du poil appelé par voie de conséquence « comparadum ». Ce n’est pas un poil provenant d’une espèce de cervidé particulière.

En fait, il s’agit d’un poil de cervidé très fin, en général assez court également. Il tire son nom du montage du même nom. Il peut provenir de différentes parties de la peau, mais aussi peut provenir soit d’une peau d’été soit d’une peau d’hiver (voir le chapitre relatif aux cervidés). Par exemple, sur les pattes du chevreuil, les poils sont courts et fins. Ils pourront servir donc à faire du poil comparadum.

Cependant, comme ces poils sont fins, ils présenteront également une moindre flottabilité. Cependant, comme pour le DUBBING, plusieurs facteurs (présence de couche de sébum, ou de graisse artificielle, tension de surface et poussée d’Archimède) en feront malgré tout de bons « flotteurs ».Photographie de poil de cerf en comparaison avec du poil comparadum (photo de l’auteur). Noter la finesse du comparadum, comparée à des poils de flanc.

Coypu, ou nutria (Myocastor coypus) : Ragondin (ou rat gondin), espèce invasive, d’origine nord-américaine. Vendu parfois sous forme de terrine ou pâté, sous le terme de myocastor. Problématique, car, comme pour la majorité des rongeurs, véhicule la bactérie (Leptospira sp.) responsable de la leptospirose. J’ai attrapé cette maladie, alors que moniteur de kayak dans le Sud-Ouest.

Heureusement, sensibilisé à cette maladie de par mes activités d’eau vive, j’ai très vite consulté, et les traitements antibio ont été efficaces. Faute de quoi, cette maladie peut être mortelle. Si vous pataugez dans des eaux stagnantes ou les ragondins sont présents, il faut y prendre garde. Maladie professionnelle dans le 49 (Maine et Loire).Photographie de ragondin – extraite de Wikipedia.

Deer or White tailed-deer (Odocoileus virginiatus). Cerf de Virginie. Quand les Américains vous parlent du cerf (deer), il s’agit de Odocoileus sp. Quand nous parlons de cerf, nous pensons à Cervus élaphus, qui est le « red deer » pour les Américains.Photographie de cerf de virginie – extraite de Wikipedia.

Dormouse (edible or fat) (Glis glis) : loir.Photographie de loir – extraite de Wikipedia.

Elk (Cervus canadensis) : le fameux Wapiti. Il semble qu’il y ait trois sous espèces de Wapiti en Californie : Roosevelt (Cervus canadensis roosevelti), Rocky Mountain (Cervus canadensis nelsoni), et Tule (Cervus canadensis nannodes). Dans le centre nord des USA, une sous espèce existe : Cervus canadensis manitobensis). Il existe également neuf autre sous espèces vivant en Asie, et deux sous espèces actuellement éteintes. Ordre : Artiodactylaé; Famille : Cervidaé; Sous famille : Cervinaé; Genre : Cervus. Poids : Mâle: 320 – 330 kg (à maturité), Femelle: 220 – 240 kg.  Longueur : Mâle: 2,4 m (à maturité), Femelle: 2,1 m (Du museau à la queue). Taille : Mâle: 1,5 m (au garrot, À maturité), Femelle: 1,3 m (au garrot).Photographie de wapiti – extraite de Wikipedia.

Fallow deer (Dama dama) : daim.Photographie de daim – extraite de Wikipedia.

Fox : Renard. En Europe, il s’agit du renard roux (Vulpes vulpes), qui est un Canidé. Le renard argenté (silver fox) est une forme mélanistique du renard roux Vulpes vulpes, dont le pelage peut aller du gris au noir intense. Le renard polaire (polar fox – Vulpes lagopus) est une espèce vivant dans les régions polaires et circumpolaires, et dont la fourrure est réputée pour la longueur de ses poils utilisés pour le montage des grands streamers.Photographie de renard roux – extraite de Wikipedia.

Fox squirrel (Scirius niger) : Ecureuil natif d’Amérique du Nord, espèce assez grande. Grande variabilité dans les couleurs du pelage. Dix sous espèces vivent sur le continent Nord-américain. Voir la photo dans la rubrique « Squirrel ».

Fur : fourrure. On comprend par « fur » la peau et les poils. Si vous voulez chercher sur ebay  des fourrures, entrez « whole skin » comme mots clefs dans le moteur de recherche.

Hair : cheveux, poil. En Français, on distingue le cheveu (poil crânien chez l’espèce humaine), du poil (système pileux humains autre que crânien, et fourrure de toutes les espèces animales).

Hare (Lepus europaeus, et Lepus timidus): Lièvre. Le premier, le lièvre brun, est celui que l’on trouve en France. Le second, le lièvre variable, plus petit et avec des oreilles moins longues, se trouve principalement au Royaume uni, et dans la péninsule scandinave, mais également dans le reste de l’Europe de l’Ouest. Les mouches à base de lièvre des grand pêcheurs et monteurs Anglais étaient donc faite avec du poil du lièvre timide, que l’on ne trouve pas France.Lièvre, hare, lus, fy tyingPhotographie de lièvre européen – extraite de Wikipedia.

Photographie de lièvre variable. Photographie de l’auteur.

Mane : crinière, les poils sur la partie haute du dos. Sur cette zone, les poils sont en général bien plus longs et épais que sur les flancs ou le ventre. J’utilise beaucoup du « moose mane » (crinière d’élan), qui donne de longs poils (jusqu’à 15 cm), très robustes une fois humectés, et qui permettent de faire des corps (de mouches sèches ou de nymphe) magnifiques. La couleur des moose mane hairs varie du blanc au marron foncé.

Maral (Cervus elaphus maral) : sous espèce de notre cerf commun, vivant principalement dans le Caucase. En tant que sous espèce du cerf « commun », les Anglosaxons l’incluent dans les « red deer ».Photographie de maral – extraite de Wikipedia.

Marmot (Marmota marmota) : la marmotte. Il existe 11 espèces de marmottes, dont M. marmota étant la marmotte que l’on voit dans les Alpes et les Pyrénées. Marmota monax (groundhog) ainsi que M. broweri (brower’s marmot) se trouvent sur le continent Nord-Américain.Photographie de marmotte des Alpes – Photographie de l’auteur.

Marten (Martes martes): martre des pins, souvent confondue avec la fouine (Martes foina, qui se dit “house marten”, “stone arten” ou “beech marten” en Anglais).Photographie de martre – extraite de Wikipedia. 

Mink (Neovison vison ou Mustela vison – le vison d’Amérique, et Mustela lutreola – le vison d’Europe):  Vison. J’ai eu la chance unique d’avoir vu un vison d’Europe, une fois, alors que je pêchais sur le Saison en aval des gorges de Kakuetta…Il était sur la berges opposée…J’ai arrêté de pêcher, et j’ai simplement joui du spectacle de cet animal magnifique qui était à la recherche de sa pitance sur la rive. Photographie de vison d’Europe – extraite de Wikipedia.

Mole (Talpa sp.) : taupe. En Europe, il existe trois espèces de taupes : T. caeca, T. europeae, T. romana. Ce petit mammifère est encore aujourd’hui malheureusement piégé pour les « dégâts » qu’il crée dans les pelouses et jardins. Elle possède des dents très pointues (je peux vous le confirmer par expérience personnelle, car oui, j’ai réussi à me faire mordre par une taupe !) lui servant à mordre les lombrics en des points précis (ganglions neuronaux), les paralysant ainsi, sans pour autant les tuer. Viande fraiche au garde-manger! Sa fourrure est incroyablement douce. Photographie de taupe européenne – extraite de Wikipedia.

Moose (Alces alces) : l’élan Européen ou l’orignal Américain. Ordre : Artiodactylaé. Famille : Cervidaé. Sous famille : Capreolinaé. Genre : Alces. Taille : 1,4 – 2,1 m (Adulte, Au garrot). Longueur : 2,4 – 3,2 m (Adulte, Tête et corps). Poids : Mâle: 380 – 700 kg (Adulte), Femelle: 200 – 360 kg (Adulte).Photographie d’élan – extraite de Wikipedia.

Mule deer  (Odocoileus hemionus): cerf hémione, dit également cerf mulet, ou cerf à queue noire. Sept sous espèces, toutes vivants dans la partie ouest des USA. Ordre : Artiodactylaé. Famille : Cervidaé. Sous famille : Capreolinaé. Genre : Odocoileus. Les femelles mesurent en général 125-156 cm de long, pour un poids moyen de 43-175 kg. Les mâles mesurent en moyenne 126-168 cm et pèsent en général  45-150 kg.Photographie de cerf hémione – extraite de Wikipedia.

Muskrat (Ondatra zibethicus) : rat musqué, présent en Europe suite à des introductions à partir de leur zone d’origine (continent nord-américain). Habitant de longue date en métropole, j’ai l’impression (mais-est-ce une impression ?), que ses populations régressent face au ragondin.Photographie de rat musqué – extraite de Wikipedia.

Opossum : opossum. Ce nom générique regroupe en fait 103 espèces regroupées dans 19 genres différents. Il est donc très difficile de savoir de quelle espèce il s’agit quand vous trouvez des patchs d’opossum.

Racoon (Procyon lotor): le raton laveur. Originaire du continent nord-américain, il a été introduit en Allemagne, Belgique, Danemark, Pologne, mais également en France.Photographie de raton laveur – extraite de Wikipedia.

 

Rabbit (Oryctolagus cuniculus) : LapinPhotoaphie de lapin de garenne – extraite de Wikipedia.

Red deer (Cervus elaphus) : le cerf élaphe, « notre cerf », qui présente quatorze sous espèces. Pour les Américains, il s’agit d’un Elk. Ordre : Artiodactylaé. Famille: Cervidaé. Sous famille : Cervinaé. Genre : Cervus.

En France, les cerfs mâles pèsent entre 120 et 250 kg (150 kg en moyenne) pour une taille de 130 à 150 cm (1,40 mètre en moyenne) au garrot et environ 1,70 à 1,80 m à la hauteur de la tête, les biches, pèsent entre 67 et 100 kg (80 kg en moyenne) pour une taille qui varie selon les individus de 1,10 à 1,30 mètre (1,20 mètre en moyenne) au garrot et 1,50 m environ à la hauteur de la tête.

La coloration du pelage varie fortement selon les saisons, l’âge et le sexe : d’une teinte brun-roux en été et gris-brun en hiver ; le mâle a généralement un pelage plus sombre que la femelle. Dans le terme générique de « red deer », plusieurs espèces et sous espèces sont incluses. De ce fait, il est difficile de savoir de quelle espèce provient exactement les patchs de poils sur peau « red deer ».Photographie de cerf « commun » – extraite de Wikipedia.

Reindeer (Rangifer tarandus) : le renne (ou caribou en Amérique du nord). Il existe actuellement douze sous espèces, plus deux autres, aujourd’hui éteintes. Ordre : Artiodactylaé. Famille : Cervidaé. Sous famille : Rangiferini. Genre : Rangifer. Les femelles mesurent en général  162–205 cm  de long, pour un poids moyen de 80–120 kg. Les mâles mesurent en moyenne 180–214 cm et pèsent en général  159–182 kg.Photographie de renne (Laponie Finlandaise) en cours de mue (Juillet 2019), avec perte des poils d’hiver, au profit d’un pelage d’été aux poils plus courts et fins. Photographie de l’auteur.

Les poils creux, peuvent être un peu ondulé. Ils peuvent être bruns, gris, bleuté, blancs. Cet animal est d’une stupidité légendaire, et même – selon les Finlandais eux-mêmes, l’animal le plus stupide de la création. A vrai dire, quand vous en voyez un marcher de dos…et bien, l’allure générale n’est pas des plus flatteuse…

Pour en avoir rencontré de très nombreux au bord des routes, en Laponie Finlandaise, je peux vous dire que lorsque vous en voyez un sur le bord de la route, il y en d’autres, et qu’il vaut mieux ralentir fortement, ou même s’arrêter. Son comportement est complétement erratique. Alors que vous le voyez traverser, et pensez qu’il va passer dans le bas côté, il est tout à fait capable de faire une brusque volteface, et de revenir sur ses pas.

En fait, c’est comme s’il n’avait aucune conscience de la présence d’un véhicule. Dangereux donc, et dans les zones où il y en a beaucoup, mieux vaut être très prudent en voiture.

Roe deer  (Capréolus capréolus): chevreuil d’Europe. Ordre : Artiodactylaé. Famille : Cervidaé. Sous famille : Capreolinaé. Genre ; Capréolus. Mâles : 62 à 72 cm (67 en moyenne adulte, au garrot), longueur du corps de 105 à 120 cm. Femelles : 57 à 67 cm (62 en moyenne, adulte, au garrot) ; longueur du corps de 90 à 105 cm. Poids : 17 kg à 23 kg pour les femelles contre de 20 kg à 25 kg pour les mâles (35 maximum dans un habitat très riche).Photographie de brocard (chevreuil mâle) – Photographie de Florent CAMIN

Squirrel (Sciurus sp.): Ecureuil. Il en existe plusieurs espèces. Ecureuil gris (S. carolinensis), Ecureuil roux (S. vulgaris). Sur le contient nord-américain, il existe aussi le fox squirrel (Scirius niger), ainsi que le « pine squirrel » (nom générique regroupant trois espèces, Tamiasciurus hudsonicus, Tamiasciurus douglasii, et Tamiasciurus mearnsi) qui est très semblable à notre écureuil roux. Photographie d’écureuil roux (S. vulgaris) – extraite de Wikipedia.

Photographie de différents écureuils  (montage de l’auteur à partir de photos extraites de Wikipedia).

Wild boar (Sus scrofa): sanglierPhotographie de sanglier – extraite de Wikipedia.

Wapiti : voir Elk.

B – Les poils : caractéristiques anatomiques et microscopiques

Les poils sont des phanères filamenteux kératinisées, typique des Mammifères. Ils sont annexés à une glande sébacée, ainsi qu’à un petit muscle (lisse) horripilateur (érecteur). On distingue trois types de poils sur une fourrure :

  • Les poils laineux (laine, bourre, duvet – “underhair” en Anglais), qui sont courts, fins et ondulés. Ils sont généralement (mais pas tout le temps) dépourvus de médulla, et la cuticule est faite d’écailles recourbées, permettant ainsi aux poils de s’accrocher entre eux. Ce type de poils, la bourre, est donc parfaite pour réaliser des dubbings (voir l’article sur le Dubbing).
  • Les poils de couverture, dits également “de garde” (“guard hairs” en Anglais), qui sont de gros poils longs et raides. Ces poils ont une médulla (“moelle”) plus développée que celle des poils laineux et qui représente jusqu’à 95% du diamètre du poil (cas des cervidés). Ce sont les poils qui vont intéresser le fly tying, lorsque l’on parle des poils de cervidés.
  • Enfin, les vibrisses, qui sont de long poils fins et raides, ne présentant aucune structure particulière pouvant être utilisée en taxonomie. En fait, les vibrisses ne servent que de « levier d’action » sur le follicule pileux spécifique de ces poils, et qui ont un rôle sensoriel (cognitif) primordial pour beaucoup de Mammifères (Félidés, rongeurs…). Personnellement, j’utilise les vibrisses des masques pour faire les cerques de grandes éphémères, ou d’imitation d’Ecdyonorus.

Ces informations sont tirées de : A. Beaumont & P. Cassier, « Biologie animale : les Cordés, anatomie comparée des Vertébrés », 1982, aux Eds Dunaud. M. Toth, « Hair and fur : atlas of central European mammals », 2017, Eds Pars Ltd. Collection personnelle de l’auteur.

  • Morphologie (structure macroscopique) et structure microscopique (ultrastructure)

Les poils ont une morphologie commune aux mammifères. En effet, ils présentent tous les caractéristiques générales suivantes, à savoir un bulbe plein (la base du poil), suivit par le corps du poil, s’achevant en pointe (l’apex). Les poils ont la structure macroscopique suivante :

Schéma de la structure macroscopique  d’un poil. On voit le bulbe (« root ») à la base du poil (« hair »). Celui-ci est composé de zones (« band ») plus ou moins pigmentées et ondulées. Le poil peut se diviser en deux partie, la section haute -le bouclier (« shield ») et la section basse – la tige (« shaft »), chacune de ces sections étant elle-même sous divisée en partie proximale (par rapport à la base) et partie distale. (D’après M. Toth).

Une coupe transversale permet de mettre en évidence trois assises cellulaires, plus ou moins bien délimitées en fonction des espèces, ainsi qu’en fonction du type de poil.

 

poil cheveux ultrastructure fly tying Structure générique des poils de mammifères en coupe transversale.

En coupe transversale (perpendiculaire au poil) histologique, le poil est donc constitué de trois couches concentriques. La zone centrale est la médulla, (aussi dénommée moelle), entourée d’une zone dénommée le cortex. Le cortex est la zone du poil contenant les pigments, lui donnant sa couleur et teinte générale.

Le cortex est lui-même recouvert par la couche la plus externe du poil, la cuticule. La forme des écailles sur la partie externe de la cuticule est une des clefs de déterminations de l’espèce d’appartenance, lorsque que cette détermination est réalisée à partir d’échantillons de poils.

L’ultrastructure (coupe longitudinale vu au microscope x 400), met bien en évidence ces trois assises cellulaires.

poil hair cheveux ultrastucture fly tyingPhoto d’une coupe longitudinale d’un poil, vue en microscopie électronique, mettant en avant les trois assises : cuticule, cortex et médulla (de la périphérie vers le centre). D’après M. Toth.

  • La cuticule :

La disposition ainsi que la forme des écailles de la cuticule sont une des clefs de détermination taxonomique des Mammifères Européen. (M. Toth : « Hair and fur atlas of central European mammals », 2017, Eds Pars Ltd). Ces écailles sont formées de kératine. On distingue plusieurs formes générales d’écailles, qui sont autant de clefs de détermination.

Données extraites de l’article “Structural characteristics of the hair of Mammals”, L.A. Hausman, The American Naturalist, Vol. 54, No. 635, 1920. Sur ces dessins, et dans chaque pastille, une vue externe des écailles kératiniques de la cuticule, et une coupe transversale, montrant la structure alvéolaire de la médulla.

Photographie des différents patterns d’écailles de la cuticule (microscopie optique et électronique), représentant des clefs taxonomiques (d’après M. Toth). Ecailles en chevrons : A : casquée ; B : en pétale larges ; : en pétales transversaux ; D : en pétales « combinés » ; E & F en pétales rhomboïdaux. Ecailles rhomboïdales : G : allongées ; H : larges ; I : en cône de pin.

 

  • Le cortex :

Le cortex est une assise cellulaire de forme tubulaire, de structure souvent homogène (donc peu utile en taxonomie), et jouant un rôle important dans le maintien du poil. C’est dans le cortex que se situent les pigments du poil.

Donc, si vous voulez décolorer et/ou teindre un poil, il faut appliquer un traitement qui va provoquer « l’ouverture » des écailles, laissant ainsi le cortex (contenant les pigments) accessible aux agents décolorants et/ou teintants.

  • La médulla :

La médulla peut être représentée comme  un cylindre remplit de boites « étanches ».  Ces boites – les alvéoles – sont en fait constituées des parois kératiniques de cellules creuses (mortes), de formes géométriques et de volumes variables. Le volume de la médulla présente un ratio inverse à l’épaisseur du cortex. En clair, au plus le cortex est fin, au plus la médulla est développée, et réciproquement.

Cette médulla joue un rôle primordial dans l’isolation thermique que représente la fourrure pour un Mammifère. Au plus la médulla est développée, au plus son rôle isolant sera important. Donc, les fourrures hivernales, en plus d’une bourre plus développée, présentent des poils de couverture plus longs et épais que ceux d’une fourrure estivale. Ceci semble logique, mais, selon moi, important à rappeler.

En fonction de son ultrastructure microscopique, la médulla peut être classée en différents types : nummiforme, multisériée ou tubulaire. Cette médulla est absente des bulbes et des pointes (apex). De plus, la médulla est absente des poils de Chiroptères (Rhinolophes, Vespertilions et Minioptères), ainsi que des poils de bourre de Bovidés et Cervidés.

Donc, concrètement, une bourre de Cervidé ou de Bovidé utilisée pour faire du dubbing sera plus adaptée au montage des nymphes, l’absence de médulla ne favorisant pas sa flottabilité.

La structure de la médulla est également une des clefs de détermination taxonomique. De plus, il est possible de calculer « l’index médullaire » (IM), qui est le rapport entre l’épaisseur de la médulla dans la partie la plus large du poil et le diamètre maximum du poil. Au plus l’IM à une valeur élevée (proche de 1), au plus la proportion relative de la médulla est importante.

Comme la médulla présente une structure alvéolée, une médulla développée – donc associée à un IM élevé – sera en faveur d’une bonne flottaison d’un poil. Enfin, de part cette structure en alvéoles, si vous coupez la pointe d’un poil, il « ne prendra pas l’eau », et gardera sa propriété de flottaison (similaire aux caissons étanches d’un bateau).

Différentes structures internes de la médulla (vue en microscopie optique sur coupe longitudinale, d’après M. Toth).

C – Les poils de Cervidés

Les poils de cervidés ont  une structure macroscopique et microscopique générale commune à tous les mammifères, comme décrit ci-dessus. Les poils de bourre ne présentent pas de médulla, mais nous intéressent moins dans cet article. Je n’en parlerai donc plus.

Les patches de poils que l’on trouve sur le marché sont principalement issus du chevreuil (roe deer), élan (moose), renne (reindeer), cerf (deer), wapiti (elk). Quand vous trouvez du poil issu de cerf (deer), il est impossible de savoir de quelle espèce il provient exactement, car l’information n’est pas donnée par les « fabricants ».

Pour déterminer l’espèce d’appartenance, il faudrait en faire une analyse microscopique (forme des écailles kératiniques de la cuticule, ultrastructure de la médulla). Une autre solution serait d’en faire en faire une cartographie ADN.  Mais cela est-il vraiment important ? Non, tout au moins, pas pour le domaine, qui nous intéresse, à savoir le fly tying.

D’ailleurs, en parlant de fly tying, une des premiers choses que j’ai appris lorsque je me suis attelé au fly tying, est que « les poils de cervidés sont creux », ce qui leur confère une excellente flottabilité. Vrai ou faux ?

Mais avant de voir ce point en détail et de répondre à cette question, je me permet de faire un petit rappel pour resituer les espèces, car c’est en fait assez complexe de part des noms génériques désignant des espèces différentes, voir, des espèces appartenant à des genres différents.

Nom Anglais Synonyme anglais Nom Français Synonyme Français Nom scientifique
Moose Elan Alces alces
Red deer Cerf Cervus elaphus
Mule deer Cerf hemione Odocoileus hemionus
Fallow deer Daim Dama dama
Roe deer Chevreuil Capreolus capreolus
Reindeer Renne Caribou Rangifer tarandus
Deer White-tailed deer Cerf de Virgine Odocoileus virginatus
Elk Wapiti Cervus canadensis

Donc,  pour un sachet contenant un patch de poils de « deer », vous ne pouvez pas savoir à quelle(s) espèce(s) ce terme fait référence:   Odocoileus virginatus, Odocoileus hemionus ou Cervus elaphus

  • Poils creux : mythe ou réalité ?

Les poils de cervidés, sont  un matériel incontournable du fly tying. Ces poils peuvent être de couleur naturelle, ou blanchis, et/ou éventuellement teints. Parfois (et je suis fan de ce matériel), on peut trouver des poils de « mane », autrement dit des poils de la crinière, qui sont plus longs que sur le reste du corps.

Dans le cas de l’élan, ces « moose mane » peuvent mesurer 15 – 20 cm de long, et après un léger humectage, sont très robustes. Sans être humidifiés, ils restent assez cassants, ce qui en fait une des caractéristiques générales des poils de cervidés. Ils remplacent selon moi très avantageusement un herle de paon.

Parfois, les poils sont très fins et courts (sur certaines zones corporelles, mais également sur les pelage estivaux), et sont alors nommés comparadum.

Parfois, ils sont plus épais, et présentent une bourre développée (fourrure d’hiver).

Les poils de cervidés sont réputés pour leur flottabilité, et j’ai toujours, depuis que je me suis mis au fly tying et à la pêche à la mouche, entendu parlé de « poils creux ».

Comme nous l’avons vu dans le chapitre précédant, les poils ne sont pas « creux », même s’ils présentent une médulla. En effet, la médulla de ces poils est composée de « chambres » ou « cellules » (structure dite « alvéolaire »), qui sont des zones creuses, délimitées entre elles par des structures sèches épithéliales kératinisées (d’après Hausman L. A. “Structural characteristics of the hair of Mammals”, The American Naturalist, 54(635), pp 496- 523, 1920).

pohair fur daim dam

Photographie d’une coupe longitudinale d’un poil de daim (Dama dama). Grossissement x200  microscopie électronique. Photo issue du site Fur Skin.

Sur cette photo on voit parfaitement la structure alvéolaire, associé à un cortex et à une cuticule extrêmement fine. Il d’agit d’un poil d’hiver, et le ratio épaisseur de la médulla / épaisseur du poil est très important.

Donc, non, les poils de cervidés ne sont pas creux, mais présentent un structure interne compartimentée, assurant ainsi une excellente isolation thermique à l’animal, et par la même, une très bonne flottabilité dans le cadre de la mouche artificielle.

A titre de comparaison, et issue du même site, une photo microscopique (ci-dessous) en coupe transversale (grossissement x600) d’un poil de martre (Martes martes). La médulla alvéolée est également bien présente, même si proportionnellement beaucoup plus réduite par rapport au cortex et à la cuticule.

Photographie d’une coupe semi longitudinale d’un poil de martre (Martes martes). Grossissement x300 en microscopie électronique. Photo issue du site Fur Skin.

Photographie d’une coupe longitudinale (x200) d’un poil de Martre (Martes martes), et comparaison (coupe longitudinale au même grossissement) d’un poil de chevreuil (Capreolus capreolus). Selon M. Toth. Sur cette photographie, on voit bien la différence de proportion relative de la médulla par rapport à l’épaisseur du poil. Ces deux coupes sont effectuées dans la partie proximale du bouclier.

Les réelles différence entre les cervidés et les autres mammifères sont donc:

  • la taille intrinsèque (le diamètre et la longueur) des poils ;
  • la proportion relative de la médulla.

Donc, les poils de cervidés ne sont pas creux, sensus stricto, tout au moins, ni plus ni moins que les poils des autres mammifères, mais sont formés d’une multitude de cavités creuses, séparées entre elles par des cloisons kératiniques. Le tout est entouré du cortex et de la cuticule.

Ce qui fait leur réel intérêt des poils de cervidés dans le fly tying est que ce sont généralement des poils d’assez gros diamètre, et dont la médulla représente une forte proportion. Ils ont donc une grande flottabilité. L’inconvénient est qu’ils sont assez cassants, même s’il est possible d’y remédier au moins partiellement en les humectant. Il est évident que le poil d’hiver, plus gros que le poil d’été, aura une meilleure flottabilité.

Enfin, de part cette ultrastructure alvéolaire, couper la pointe du poil n’en modifiera pas la « flottabilité », de part ce compartimentage. C’est pour cette raison qu’une mouche avec un corps en poils taillé flottera tout aussi bien qu’une mouche avec des poils non taillés (nonobstant les points relatifs à la tension de surface – voir l’article sur le Dubbing).

  • Poils gros et longs, poils courts et fins.

Quand, vous achetez en ligne du « deer hair » (et que vous ne pouvez donc vous baser que sur une photo, souvent de mauvaise qualité, d’ailleurs), pour la même marque, et pour la même référence, vous pouvez trouver des poils plus ou moins longs, plus ou moins épais.

De plus, “elk” ou “deer”, les différences sont relatives, même si le “elk” aurait (je mets bien au conditionnel) des poils un peu plus épais. Le poil de chevreuil peut se comparer aux poils des deux autres « espèces » citées, et en fonction de la zone anatomique, de la saison, et du sexe il peut y avoir convergence dans les caractéristiques (longueur, épaisseur) des poils de ces différentes espèces, ou au contraire, des différences notables.

Donc il nous faut considérer quatre variables, ce qui fournit une multitude de possibilités, que cela soit en terme de différences, mais également de similitudes.

  • L’espèce (et là, c’est assez problématique entre le nom « générique » – ou vernaculaire -, qui désigne des espèces appartenant à des genres différents de part et d’autre de l’océan Atlantique – “deer” versus “elk”) ;
  • La région anatomique ;
  • La saison ;
  • Le sexe.

Quelques-unes de ces différences et similitudes sont illustrées dans les photographies suivantes.

Photographie de deux patches de poils, l’un de cerf (deer – Odocoileus sp.) en comparaison avec du wapiti (elk – Cervus sp.) (photographie de l’auteur). Il n’y a pas de différence nette concernant la taille ou l’épaisseur des poils. Sur ces deux patchs, si j’ôte les libellés, je vous mets au défi de me dire qui est quoi.

Photographie de deux patches de poils, l’un de cerf (deer) en comparaison avec du comparadum (origine non connue) (photographie de l’auteur). Dans le premier cas, les poils sont épais, assez longs, dans le deuxième ils sont très fins, plus courts.

Photographie de différents patchs de poils (photographie de l’auteur).

En haut, trois sachets différents de poils prélevés sur les flancs (« coastal ») de « deer », même marque, même référence.  A gauche, les poils sont relativement courts et fins, très pâles, avec une bourre plus développée. Au centre et à droite, des poils longs, de taille similaire (même si un peu plus fins sur le patch de droite), une bourre très réduite, des résultats de blanchissement différents (plus sombre à droite qu’au centre).

Ces différences me font penser que le patch de gauche a été prélevé très bas sur le flanc (pas loin du ventre en fait, se rapprochant en cela d’un poil de ventre sensu stricto), car ils y sont déjà naturellement plus fins, et plus clairs (donc plus « sensibles » au blanchiment. Les différences de teintes des patchs du centre et de droite (mêmes épaisseurs et longueurs des poils) me fait penser à des lots différents (animaux et/ou bains de blanchiments différents).

En bas, trois sachets, deux de « deer » (Odocoileus sp ) et un de elk (Cervus sp., au centre). Au centre, le « bleached elk », bien que beaucoup plus clair, présente des poils extrêmement similaires (taille et épaisseur) aux deux sachets en haut au centre et à droite (« bleached coastal deer »). A droite, le sachet de « spinning ( ?) deer hair » présente des poils un peu intermédiaires entre ceux du centre (« elk ») et ceux de gauche (« coastal deer ») : poils un peu plus fins, bourre un peu plus développée, plus grande variabilité dans la longueur/épaisseur des poils.

Photographie de trois patchs de poils de Elk (Cervus sp.) (photographie de l’auteur). A gauche poils de femelle (cow), à droite, poils de mâle (bull), au centre poils blanchis (sexe non connu). Il n’y a pas d’information sur la partie du corps dont sont issus ces poils. Ce que l’on peut dire est que, sur ces patchs, les poils de mâle sont beaucoup plus longs. D’ailleurs, leur taille s’approche de ceux des poils de crinière.

Vous me répondrez qu’il est évident qu’un poil d’élan mâle pesant jusqu’à 700 kg sera potentiellement plus gros que le poil d’un renne femelle pesant 80 kg. Cependant, si vous prenez des poils de crinière d’élan femelle, et que vous les comparez aux poils des pattes d’un élan mâle, vous pourriez être très surpris.

De même, et pour des raisons bien compréhensibles d’adaptation aux conditions environnementales, le poil d’hiver de renne sera bien plus long que le poil d’été de la même espèce, et a fortiori que ceux d’un chevreuil vivant dans le Sud de l’Europe. Enfin, en fonction du sexe, il y a également des différences.

Mais au-delà de ces différences parfaitement compréhensibles d’un point de vu climatique et environnemental, ainsi qu’en fonction du sexe, sur un même animal il peut y avoir des poils courts et fins, et d’autre plus longs et plus gros. De plus, sur le même individu, il y a des différences notables entre l’hiver et l’été.

Photographie de poil de dos et de ventre de chevreuil, fourrure d’été (photos de l’auteur). Les poils de dos sont épais, très sombres. Les poils de ventre sont blancs, plus fins, un peu plus long que les poils du dos et présentent une bourre plus fournie.

Poil de dos : peau entière achetée sur Ebay. Poils de ventre : don d’un ami qui se reconnaitra. Ce que l’on remarque surtout, c’est que les poils du ventre ont une pointe plus longue et fine, et qu’ils sont « ondulés », alors que les poils de dos ont une pointe très courte, sont légèrement« frisotés » et sont assez épais.

Photographie de différente parties d’une peau de chevreuil (photographie de l’auteur). On voit nettement une différence d’aspect en fonction de la région anatomique de l’animal. Sur le dos, les poils sont denses, sombres, épais rectilignes et mesurent environ 3,5 cm de long. En allant cers le ventre, le pelage s’éclaircit, les poils deviennent un peu moins épais et sont surtout sont moins homogènes et un peu plus courbes. Ils mesurent environ 3 cm. Sur le bord de la cuisse, les poils sont plus clairs, ils sont fins et courts : leur longueur est en moyenne de 1 cm, mais présentent une grande variation de taille en fonction de l’endroit précis ou on les regarde. On parle de poil comparadum.

En se plongeant un peu dans la littérature spécialisée, j’ai trouvé des chiffres permettant de bien appréhender ces différences pour une espèce donnée (en l’occurrence le chevreuil – Capreolus capreolus) sur des poils prélevés sur différentes partie du corps, en été ou en hiver.

Tableau A : Impact de la zone anatomique de la fourrure et de la saison sur la longueur (en mm) et l’épaisseur (en µm) des poils du chevreuil commun

Longueur des poils en mm Epaisseur des poils en µm
Eté Hiver Eté Hiver
Localisation M SD M SD M SD M SD
Face externe de l’oreille 12,9 1,2 19,2 2,2 74 10 72 18
Crinière (dos) 26,2 2,8 35,8 1,9 78 7 168 14
Flanc 27,6 2,2 34,1 3,5 95 6 169 15
Ventre 26,6 1,6 36,6 2,6 102 11 163 21

D’après Kulak D. & Wajdzik M. M : valeur moyenne ; SD : écart type.

Les différences de longueur et d’épaisseur sont statistiquement significatives (i.e. les différences ne sont pas dues au hasard, mais sont le reflet d’une réelle différence biologique), quelque que soit l’endroit où l’on considère les poils, entre la saison estivale et la saison hivernale. Sur la face externe des oreilles, cependant, l’épaisseur des poils est constante en fonction de la saison.

En d’autres termes, la fourrure d’hiver est globalement significativement différente de la fourrure d’été. Jusque-là, rien de bien étonnant, et nous savons tous que les mues de printemps et d’automne permettent à l’animal d’adapter sa fourrure à des conditions climatiques différentes. De plus, et vous l’avez certainement noté, en fonction des patches que vous achetez, il y a de la bourre…ou pas. L’absence de bourre reflète plus un pelage estival.

Par contre, la proportion relative de la médulla ne présente que peu de différences entre l’été et l’hiver.

Tableau B : Pourcentage que représente la surface de la médulla (coupe transversale) par rapport à la surface du poil entier, également en coupe transversale (Capréolus capréolus).

  Proportion relative de la médulla
Localisation Eté Hiver
Face externe de l’oreille 87,2 % 90,0 %
Crinière 94,9 % 95,1 %
Flanc 95,5 % 95,6 %
Ventre 89,2 % 92,5 %

D’après Kulak D. & Wajdzik M.

Vous me répondrez donc qu’il n’y a pas une si grande différence que cela entre les poils des couverture estivaux et hivernaux, si l’on considère la proportion relative de la médulla, ce qui est juste.

Cependant, si l’on assimile un poil à un cylindre de hauteur H et de rayon R, il est possible de calculer son volume V, qui est égal à Pi x R2 x H. Il est alors aisé de calculer le volume absolu de la médulla, sur un poil d’été et sur un poil d’hiver. Pour ce faire, je ne retiens que les valeurs moyennes du tableau A ci-dessus.

Tableau C: Volume de la médulla, sur un poil d’hiver en comparaison avec un poil d’été (Capréolus capréolus).

Eté Hiver
Localisation H (mm) R (mm) % Volume (mm3) H (mm) R (mm) % Volume (mm3)
Face externe de l’oreille 12,9 0,074 87,2 0,25 19,2 0,072 90,0 0,35
Crinière (dos) 26,2 0,078 94,9 0,53 35,8 0,168 95,1 3,34
Flanc 27,6 0,95 95,5 0,82 34,1 0,169 95,6 3,20
Ventre 26,6 0,102 89,2 0,97 36,6 0,163 92,5 3,30

H : longueur du poil  en millimètres ; R : épaisseur du poil exprimé en millimètres (et non pas en µm comme dans le Tableau A. 1 mm = 1000 µm). % : pourcentage que représente la médulla par rapport au poil. Volume : volume intrinsèque de la médulla (en mm3).

Donc, abstraction faite des oreilles, sur un poil d’hiver, et sur les parties du pelage protégeant les organes vitaux (cœur poumons viscères), le volume de médulla (en mm3) est très supérieur à celui disponible dans un poil d’été (jusqu’à 6 fois pour un poil du dos). Grace à la structure alvéolée de cette médulla, on comprend très vite que la fourrure d’hiver présente des propriétés isolantes très supérieures à celles d’un pelage d’été…et donc une flottabilité accrue.

Pour conclure ce sous chapitre, de tous ces chiffres, qu’est-il intéressant de retenir ?

  • D’abord, que les poils de chevreuils (mais au-delà de cette espèce, de toutes les espèces de cervidés) ont une médulla  proportionnellement importante, quand on les compare à la majorité des autres Mammifères. Je n’ai donné les chiffres que pour quelques emplacements sur la fourrure, mais en dehors des poils des pattes, cette proportion est toujours supérieure à 80%.
  • Ce qui est également intéressant c’est qu’en fonction de la zone de la peau, les poils vont être plus ou moins longs, et plus ou moins épais. Sur les grandes zones que sont les flancs, le ventre et le dos, l’épaisseur et la longueur des poils est très supérieure en hiver qu’en été. Ceci, combiné à une bourre plus importante, assure une meilleure isolation thermique.
  • En fonction des espèces de cervidés, il y a de grandes variations sur la « taille » (longueur et épaisseur) globale des poils.
  • Enfin, sur un poil d’hiver, la médulla présente un volume absolu en moyenne trois fois supérieure à celui d’un poil d’été.

Donc, pour faire simple, les poils sont plus longs et plus épais en hiver qu’en été. De plus, sur les parties du corps largement exposée au milieu externe (dos, flancs et ventre), ils sont plus longs et épais que sur les oreilles ou sur les pattes.

Enfin, sur un même animal, la bourre sera plus développée sur le ventre que sur le dos. Globalement, les femelles présentent des poils plus petits/fins que les mâles. Tous ceci résulte d’adaptations permettant à ces animaux d’être parfaitement adaptés aux climats des régions dans lesquelles ils vivent. La Nature est magique dans sa perfection !

A nous de savoir en tirer parti!  Si l’on prend un pelage d’hiver, les poils présenteront une bien meilleure flottabilité que sur un pelage d’été. Donc, si vous voulez faire un bomber flottant, prenez du poil de dos d’hiver. Si vous souhaitez monter une délicate comparadum en taille 18, prenez du poil sur la cuisse, pelage d’été.

Pour faire donc face à (presque) tous les cas de figure, une peau de chevreuil d’été, et une peau de chevreuil d’hiver permettront de répondre à tous les besoins d’un monteur.

  • Le comparadum

Quand on parle de comparadum, on ne parle donc pas des poils issus d’une espèce de cervidé particulière, mais bien de poils très fins servant à faire des montages dits « comparadum ».

Mouche et photographie de l’auteur: Olive comparadum sur hameçon 18.

Ces poils « comparadum » sont généralement assez courts. On peut en trouver sur certaines parties d’une peau de chevreuil, mais aussi sur une peau de cerf d’été, etc. Par contre, il est certain qu’un comparadum de chevreuil sera plus court qu’un comparadum de wapiti.

Photographie de différents patchs de poils comparadum (parfois dénommés « hair short/fine ») (photographie de l’auteur).

Ce qui est flagrant, ce sont les différences de longueur de poils en fonction des patchs (comparer la longueur des poils du troisième patch – en haut, en partant de la gauche, et du patch en bas à gauche. Il y a un ratio de 1,5 ! Sur un même patch (en bas à droite), les poils ont des longueurs différentes.

Ceci permet de dire qu’il s’agit d’un patch prélevé sur une cuisse grâce la photo précédente « Photo de différente parties d’une peau de chevreuil ». Enfin, pour une même marque (et donc une même référence), la couleur naturelle varie énormément (premier, troisième et quatrième patchs en partant de la gauche, en haut – comparadum hair natural de chez Hareline). Cependant, leur caractéristique commune est leur finesse.

Les poils dits « comparadum » ou « short/fine » flotteront donc moins bien que des poils épais, car le volume représenté par la médulla est beaucoup plus faible. Cependant la tension de surface est toujours un facteur que nous devons garder à l’esprit et qui influe grandement sur cette flottabilité.

  • Couleurs naturelles, « Bleached » et poils teintés

Les poils de cervidés (autres que chez certains rennes) sont généralement assez foncés. Cependant, certains pelages (d’été notamment), peuvent être très clairs. De même, en fonction de la partie du corps à laquelle on s’intéresse (dos, ventre, flancs…) les couleurs varient beaucoup. Référez-vous aux deux photos « Photo de poil de dos et de ventre de chevreuil, fourrures d’été » et « «Photo de différente parties d’une peau de chevreuil » ci-dessus, si vous en doutez.

Photographie de pelages de cerf (Cervus elaphus.) mettant en évidence les différences de couleur (photographie de l’auteur). En haut à gauche : fourrure d’hiver, dos – poils épais, long (environ 4 cm), denses, de couleur variant du crème au marron noir. En haut à droite : crinière de cerf en pelage d’été. Les poils sont fins, raides, et courts (environ 1,5 cm pour les plus longs). En bas : poils du bas de flanc, pelage d’hiver. Les poils sont également longs, légèrement frisotés, les pointes sont assez fines, la couleur est très claire.

Chez certaines espèces – et je pense aux rennes (reindeer), la couleur du pelage d’un individu à l’autre varie considérablement.

Photographie de poils de rennes (reindeer) en fourrure. En haut, poils d’hiver (dos, probablement), Les poils ont des nuances très diverses, mais avec une teinte générale marron chocolat, presque bleutée (cela ressort assez mal sur ma photo) – (photographie de l’auteur). En bas :  Certains rennes sont presque blancs, d’autres gris – noir, d’autre encore beige.

De nombreuses marques proposent des poils « bleached », autrement dit blanchis. Cependant, d’un lot à l’autre, le résultat n’est pas constant. De plus, d’un animal à un autre, et en fonction de la coloration initiale des poils, les résultats varient considérablement.

Photographie de différents patchs de poils blanchis mettant en évidence la variabilité des résultats obtenus (photographie de l’auteur). En haut, trois patchs de la même marque, et ayant la même référence. En bas, patches de trois marques et deux espèces différentes : grandes similitudes de teintes.

J’utilise beaucoup ces poils blanchis pour faire ma Lilou en différentes teintes.

Mouche et photographie de l’auteur: Sur cette mouche – la Lilou – l’aile est faite avec des poils de cervidé (cerf, chevreuil) blanchis (photographie et mouche de l’auteur).

Je n’ai pas trouvé de tutoriel pour blanchir un patch de poils, si ce n’est un forum où ils en parlent: Flyfishing forum

Donc, j’ai essayé par moi-même, d’abord avec un mélange d’eau, vinaigre d’alcool, eau oxygénée et eau de Javel. Sans aucun résultat, même en chauffant et en laissant tremper.

Ensuite, j’ai essayé des produits dédiés, comme celui de Loreal par exemple, sur la photo ci-dessous (il en existe de moins chers). En suivant bien la notice, j’obtiens ces résultats (photo ci-dessous). En procédant ainsi, vous pouvez ajustez le temps de décoloration à la teinte que vous souhaitez (ici, pour réaliser ma Lilou).

Photographie montrant le résultat d’une décoloration effectuée sur un patch de poil de chevreuil (photographie  de l’auteur).

Si vous vous souhaitez ensuite faire vos propres teintures de poils de cervidé, il vous faut partir d’un poil clair…ou préalablement blanchit. Ensuite, pour le teindre, utilisez la méthode montrée par J.P. Dessaigne.

Teinture plumes et poils par J.P. Dessaigne

Comme je vous le disait dans mon article sur le dubbing, j’utilise les teintures Veniard, car cette marque propose un large panel de teintes et de couleurs.

Cependant, si vous êtes un adepte du DIY (do it yourself), vous pouvez vous contenter d’acheter les trois couleurs primaires (rouge, bleu et jaune). A partir de ces trois couleurs dites primaires (qui ne peuvent s’obtenir par mélange d’autres couleurs), vous pouvez composer ainsi l’intégralité de la rose chromatique.

Rien de plus facile pour cela que d’utiliser le site ci-dessous qui vous donne la proportion de chacune des trois couleurs primaires pour obtenir la teinte que vous souhaitez..

Sélecteur de couleurs

Un exemple : pour obtenir une couleur que j’appellerai « vert insecte », voilà ce que cela donne :

Sélecteur de couleurs et rose chromatique: mode d’utilisation.

Cependant, si vous vous lancez dans ces opérations, sachez que vous ne partirez jamais d’un matériau parfaitement blanc (sauf à de très rares exceptions près – rennes blanc, ou alors, vos poils seront longs, mais assez fins – poils de ventre).

Donc, la couleur que vous obtiendrez sera forcément un peu différente de celle que vous souhaitez (si vous teintez des plumes, il est possible d’en trouver de parfaitement blanche – oie, cygne, dinde. Vous pourrez obtenir la teinte que vous avez choisi exactement).

Je vous avoue cependant que je ne suis pas un fervent adepte des teintures de poils. En effet, il faut d’abord partir de matériel blanc ou blanchit, puis faire la teinture…bref, je suis un peu fainéant parfois. J’ai donc simplement acheté quelques échantillons dans les couleurs que j’utilise le plus. Noir, orange, mais j’ai réalisé moi-même une teinture jaune pour réaliser des corps de guêpe.

Photographie de patchs de poils colorés (photographie de l’auteur). Les poils de couleurs sombres (noire, verte et marron) sont des poils de flanc/dos (body hair) de « deer » (Odocoileus sp.).  Les poils de couleurs claire (jaune et orange) sont des « deer belly hair », autrement dit des poils de ventre de « deer » (Odocoileus sp.), naturellement très clairs. En bas à droite, poils de cerf (Cervus elaphus)  en couleur naturelle.

  • Le poil de chevreuil

Ce poil est universellement connu dans le petit monde du flytying. De fauve à beige foncé en été, il est plus de teinte marron/gris argenté / grisonnant en hiver. Sur le ventre, les poils sont plus fins, plus clairs aussi, jusqu’à être presque blancs. L’IM à une valeur moyenne de 0,8, avec une longueur moyenne des poils de 35mm en été et 40mm en hiver, avec un diamètre moyen de 140µm en été et 380µm en hiver.

Son ultrastructure est la suivante :

Photographies mettant en évidence l’ultrastructure d’un poil de chevreuil (x200) en microscopie électronique et optique. A gauche, coupe transversale, et à droite coupe longitudinale montrant la structure alvéolaire de la médulla, ainsi que la finesse du cortex/cuticule par rapport à la médulla. Au centre, aspect des écailles de la cuticule. Ces photos montrent une cuticule avec de petites écailles (milieu du poil). Par contre, on voit bien une médulla hyperdéveloppée, avec des alvéoles proportionnellement grandes. D’après Fur Skin et M. Toth.

Toutes les marques en proposent, sous forme de patchs de 4-5 cm de côté, environ. Les tarifs sont toujours exorbitants, quand on les ramène au centimètre carré de peau.

Comme j’utilise beaucoup ce poil en couleur naturelle comme « base » (corps de l’Adam’s irrésistible, du sedge Goddard, ou encore de mes imitations de Coleoptère et de muddlers), et que dans tous les cas – hormis le Goddard – les pointes sont coupées (le corps du poil à globalement une teinte grise), j’ai plutôt acheté sur Ebay une peau entière tannée.

Cela m’a permis de faire des échanges, des essais, etc. Il n’y en a pas toujours à vendre à des tarifs intéressants, il faut guetter, mais je me souviens avoir acheté il y a 4 ans un peau complète pour environ 60 euros, FDPI. Mais c’est toujours chez des vendeurs à l’étranger (payer avec Paypal, cela limite les risques). Il faut entrer « roe deer fur » ou « roe deer skin » dans le moteur de recherche Ebay.

 Mouches et photographies  de l’auteur avec des corps en poils de chevreuil taillés. En haut Adam irresistible” sur hameçon en taille 16. En bas, sedge Goddard sur hameçon long en taille 14. Dans ces deux montages, le poil de chevreuil est apparent et taillé.

bubble sedge roe deer chevreuil fly tying mouche eclosionMouche et photographie de Lapoisse: bubble sedge tout en chevreuil. Plus de détails au sujet de cette mouche son disponibles sur ce sujet du Forum.

Mouche et photographie de l’auteur. Gros scarabé en taille 6 pour les chevenes. Dans ce modèle, le poil de chevreuil n’est pas apparent, mais sert à former le corps. Reportez vous à la fiche de montage de ce Coleoptère  pour plus d’information.

De plus, avec une peau entière, vous avez des poils de tailles et de longueurs différentes, incluant du gros poil, et du poil comparadum, du poil de crinière qui est généralement plus foncé, et des poils du ventre qui sont beaucoup plus clairs et fins.

Coloré, je m’en sers principalement pour faire des bombers, des fourmis, etc.

Mouche et photographie de l’auteur. Bomber bicolore pour pêche en réservoir (hameçon en taille 16).

Mouche et photographie de l’auteur: Bomber noir, tag et collerette. Un modèle si efficace en réservoir…mais pas que (ici sur hameçon taille 16).

En fly tying, on utilise surtout les poils de la crinière et des flancs. Les poils de la crinière sont les plus gros, et les plus longs. Leurs pointes sont généralement plus foncées que sur les autres parties du corps. Les poils du haut des pattes sont vendues sous le terme de comparadum, et outres ces montages, ils servent également à faire les ailes de certains sedges. Les poils des flancs sont généralement plus courts et clairs que les poils de la crinière.

Ces poils, quand ils sont fins, servent également à réaliser la Piktou de Avozetto, mouche extrêmement efficace sur les grand lisses calmes. Elle m’a valu ce qui reste mon plus beau coup de ligne à la mouche. Sur cette mouche, les poils de chevreuil sont utilisés pour faire le dos du thorax, ainsi que les pattes de l’insecte.

Mouche et photographie de l’auteur: Piktou modèle de Ph. Geneix. 

Pour conclure sur ce sous chapitre dédié au chevreuil: c’est vraiment le poil à tout faire du fly tying.

  • Le cerf (deer), le wapiti (elk)

J’ai décidé de regrouper ces deux types de poils, pour les raisons suivantes : Le « cerf », ainsi que vous l’avez vu dans le lexique, est un nom générique regroupant plusieurs espèces appartenant à des genres différents (respectivement Cervus, et Odocoileus…).

Leurs caractéristiques sont semblables: les teintes également sont semblables, même si elles varient d’un individu à l’autre, et d’une zone du pelage à une autre. Concernant la taille et le diamètre des poils, on retrouve la même situation que pour le chevreuil, à savoir les plus longs et gros poils sur le dos, suivis par les poils des flancs. Les poils du ventre sont plus clairs et fins, et les poils des pattes peuvent également servir de comparadum, mais en version « L », cependant. De plus, d’un point de vue microscopique, il y a une très grande similitude entre les poils de Cervus sp. et les poils de Odocoileus sp. Le poils de Cervus elaphus est brun rouge (« red deer » en Anglais).

cerf deer cervus OdocoileusUltrastructure du poil de « deer » (Cervus elaphus) au grossissement x300 en microscopie électronique. D’après Fur Skin.

Photographie de la cuticule de poils de « deer » (Odocoileus sp.) et de Elk-Wapiti (Cervus canadensis) en microscopie électronique. Sur cet agrandissement (même échelle), on note clairement la très grande similitude des écailles de la cuticule chez ces deux espèces. D’après Microlab gallery.

Photographie de la médulla de Elk-Wapiti (Cervus sp. – à droite et Odocoileus sp. à gauche, en coupe  transversale et microscopie optique. Sur cet agrandissement (même échelle), on note clairement la très grande similitude des alvéoles spongiformes de la médulla chez ces deux espèces. D’après M. Toth.

Photographie de deux patchs de poils, l’un provenant de « deer » (Odocoileus sp.), l’autre de « elk » (Cervus canadensis) (photographie de l’auteur). Grandes similitudes sur la taille et l’épaisseur entre les deux. D’ailleurs, je vous mets au défi de reconnaitre en aveugle les poils de cerf et ceux de wapiti… sauf à vous plonger dans les coupes minces et la microscopie, et encore en regard des écailles de la cuticule, la tache resterait ardue. Ces poils sont à utiliser comme on peut le faire des poils de chevreuil.

  • L’élan (moose)

Les poils d’élan présentent une utilisation en tout point semblable à celles déjà décrites ci-dessus. Donc, seul le poil de crinière d’élan (« moose mane ») est vraiment différent, et est donc ce qui nous interesse dans ce sous-chapitre.  Il s’agit de très longs poils, dont la taille peut aller jusqu’à 15 cm (25 cm dans la littérature). La base est souvent claire (crème), alors que l’apex peut être marron très foncé. Ils sont parfois de couleur entièrement crème. Une fois humecté, il devient très résistant, et permet de faire des corps. Les pointes peuvent également être utilisées pour faire des cerques (Ecdyonaurus), ou des antennes (sedges).

Poils de crinière d’élan, en vues macro- et microscopiques (photographies de l’auteur).

En haut à gauche:  quelques poils de crinière d’élan vpous donnant l’échelle de ces poiils, ainsi que leur pattern de couyleurs.

En bas à gauche : comparaison avec des poils de Cerf (wapiti – Cervus canadensis) mâle sur peau– les « moose manne hairs » sont dans le coin droit en bas de la photo. Ils sont un peu plus longs, mais surtout plus épais.

En haut à droite: ultrastructure permettant de voir la structure écailleuse de la cuticule (à gauche) et de la médulla (à droite) en oupe transversale (bouclier proximal – d’après M. Toth).

En bas à droite: ultrastructure d’un poil d’élan  en coupe transversale (Microlab Gallery). On voit que son diamètre est de 350µm environ. A comparer avec des diamètres de 200µm environ chez Odocoileus sp. et de 150µm environ chez le wapiti Cervus canadensis – photographie dans le sous chapitre précédant.

Avec ces poils de crinière l’élan, il est possible de faire des corps de mouches sèches, de cercler des corps d’émergeantes et de faire des corps de nymphes vraiment superbes. A vrai dire, je n’utilise plus de herle de paon, que j’ai remplacé par ces poils.

Mouches et photographies de l’auteur:  la Lilou et la Créator, dont les segmentations de l’abdomen sont simulées par un poil de crinière d’élan humecté, puis enroulé en spires non-jointives, avant d’y déposer un peu de super glue. (Photographies et mouches de l’auteur).

Il est également possible d’en faire des cerques de grandes éphémères et d’Ecdyonaurus.

Mouche et photographie de l’auteur:  Ecdyonaurus  sur montage parachute (en taille 18) avec cerques en pointes de poils d’élan.

  • Les oreilles

Les oreilles de chevreuil se trouvent aisément sur le marché. Les oreilles des autres Cervidés dont je parle dans cet article ne se trouvent pas, à ma connaissance, sur le marché. Pour en obtenir, il faut donc connaitre des chasseurs, ou une personne dont le métier l’amène à avoir ce genre de matériel biologique.

Grace à un tel ami – il se reconnaitra – j’ai pu avoir des oreilles de chevreuil, ainsi que des oreilles de cerf (Cervus élaphus, je pense).

Photo d’oreille de cerf et de chevreuil (photos de l’auteur). De gauche à droite : oreille de cerf, face externe ; oreille de chevreuil face externe ; oreille de chevreuil face interne.

Comme nous l’avons vu dans le sous chapitre « Poils gros et longs, poils courts et fins », les poils sur la face externe de l’oreille de chevreuil sont courts (environ la moitié de la taille moyenne des poils sur le dos, flancs et ventre, et comparativement à peine plus fins. Ces poils sont très prisés pour le montage de la fameuse ORC, qui est simplement la version « cervidé » de l’ORL (oreille de lièvre).

Photographie d’émergentes en poils d’oreille de chevreuils – ORC – et comparaison avec une ORL.  En haut à gauche: photographie de mouches vendue par Gerard Picard – Les mouches de Gerard ; En haut à droite: ORL montée par moi-même, ici en taille 16. Au milieu: ORC montée par moi même, ici en taille 16.  Noter la grande similitude entre l’ORL et l’ORC.

Je n’ai pas encore monté de mouche avec les poils d’oreille de cerf, mais cela ne saurait tarder. J’envisage des montages type ORC, ou alors, ailes de sedge, conférant au modèle une très bonne flottabilité.

Parler d’une ORL me permet donc de passer au chapitre suivant, qui traite des poils de Lagomorphes, dont l’utilisation en fly tying est aussi importante, et même plus encore que celle des poils de Cervidés).

D – Poils de lièvre et de lapins

Le lièvre (Lepus europeatus) et le lapin (Oryctolagus cuniculus) sont tous deux des lagomorphes. En version « sauvage » (lapin de garenne), le lapin présente une couleur de pelage très similaire à celui du lièvre, même si un peu plus gris.

Les poils de couverture sont cependant un peu moins nombreux, et sont surtout beaucoup plus souples que ceux d’un lièvre. C’est d’ailleurs pour cette raison que la fourrure de lapin est souvent découpée en lanière pour faire des streamers de toute beauté, alors que je n’ai jamais vu de lanières de peau de lièvre.

En revanche, la peau de lièvre est une des deux bases du flytying (l’autre étant la peau de cervidés) pour les mouches sèches (poils de couverture et dubbing).

En terme macroscopique et microscopique, les poils de lièvre et de lapin sont extrêmement semblables, et donc, selon M. Toth, ne peuvent être distingués. Cependant, considérant le point de vue du monteur de mouche, le poil de lièvre est plus rigide que le poil de lapin (je parle bien des poils de couverture).

liecre hare pil hait fur fly tyingPhotographies mettant en évidence l’ultrastructure d’un poil de Lagomorphe (x400). A : coupe longitudinale d’un poil de couverture en microscopie électronique (Fur Skin ) B : coupe transversale d’un poil de couverture en microscopie électronique. : vue microscopique (microscopie optique) de la cuticule, base du poil. D : coupe longitudinale mettant en évidence la structure alvéolée de la médulla (microscopie optique). E : vue microscopique (microscopie optique) des écailles de la cuticule (tige de poil de couverture). Les photos B-E sont de M. Toth.

Ces photos montrent une cuticule avec de petites écailles en forme des cônes de pin.  La médulla est bien développée, avec un IM de 0,85, ce qui reste inferieur à l’IM de chevreuil ou d’élan (0,95), tout en étant cependant intéressant, car élevé.

Chez le lièvre, il est également très intéressant d’utiliser le masque, présentant des poils plus courts, et plus fins, donc plus adapté au montage des petites émergeantes. Les oreilles de lièvre sont également très utilisées. Personnellement, j’utilise les vibrisses pour faire des cerques de grandes éphémères, ou des imitations d’Ecdyonaurus.

J’utilise également les pattes de lièvre variable (dit arctique – Lepus articus), présentant des poils denses, très ondulés.

Photographies mettant en avant les différences de types de poils chez les Lagomorphes, lièvre et lapin (photographies de l’auteur). A : à gauche, fourrure (dos) de lièvre. En haut à droite : patte de lièvre arctique. En bas à droite, masque de lièvre (teint en olive clair). : dos de lièvre (à gauche) versus dos de lapin (à droite). : détail des poils de dos de lièvre. D : détail des poils de dos de lapin.: détails des poils des masque de lièvre. F : détail des poils de pattes de lièvre arctique.

En s’appuyant sur ces photos, on peut noter quelques points :

  • Les fourrures de ces deux espèces sont semblables. Cependant, les poils de couverture de lapin, sont beaucoup plus fins et souples que ceux du lièvre. De plus, la bourre est beaucoup plus présente chez le lapin, ce qui fait qu’il est difficile de ne prélever que des poils de couverture. Vous pourrez le faire, mais pour recueillir une pincée de poils de couverture de lapin, il vous faudra un patch environ 3 fois plus grand que le patch à utiliser pour recueillir une touffe similaire de poils de couverture de lièvre;
  • Sur le masque de lièvre, les poils sont plus courts que sur le dos. De plus, la bourre est très réduite. Le masque est donc parfait pour monter de toutes petites émergeantes (insertion dans une boucle à dubbing);
  • Les poils des pattes sont assez courts, frisotés. Ils sont – et c’est mon avis- un excellent substitut de « poils de lièvre » pour monter les émergeantes. De plus, la bourre d pattes, constituée de poils très fins et frisotés, donne un excellent dubbing.

Je ne parlerais pas plus de ce matériau, car J.P. Dessaigne en a fait une vidéo, comme à son habitude, très didactique.

J.P. Dessaigne – Collerette en poils de lièvre

Mouche et photographie de l’auteur: Sedge, avec une collerette en poil de lièvre et des antennes faites avec les vibrisses de lièvre. Ici sur un hameçon en taille 16.

Mouche et photographie de l’auteur: Bubble sedge, avec une collerette en poil de lièvre . Ici sur un hameçon en taille 18.

Mouche et photographie  de l’auteur: ORL sur un hameçon en taille 18.

Mouche et photographie de l’auteur: émergente noire en poils de patte de lièvre des neiges (“snow shoe”) teint en noir, sur H18. Mouche très prenante en réservoir.

Je vous montre pour le fun et pour clore ce sous-chapitre un spent d’éphémère jaune, dont les ailes sont en poils de couverture de lapin. Rien de bien intéressant, à vrai dire, et cela est resté un exemplaire unique.

Mouche et photographie de l’auteur: Spent d’olive avec ailes en poils de lapin,  sur un hameçon en taille 18.

E – Poils d’antilope, de grand barhal et de chamois

La, nous parlons maintenant de poils de Bovidés. Avec ces trois types de poils, nous rentrons dans le domaine des matériaux utilisés de manière plus confidentielle, mais cependant très intéressante. Je vous parle du grand bahral de l’Himalaya, alias le mouton bleu (Pseudois nayaur), qui est un Bovidé, car une personne m’en a généreusement donné un morceau. Une autre, qui se reconnaitra, m’a également offert du poil de chamois (Rupicara rupicapra), ainsi qu’un masque avec les oreilles.

L’antilope provient également d’un don d’un ami. Cependant, je n’en connais pas l’espèce, ni le genre.

Photographies de patchs de poils d’antilope, de « blue sheep » (grand barhal de l’Himalaya, Pseudois nayaur) et de chamois (de gauche à droite) – (photographies de l’auteur).

Pour l’antilope et le bahral, les poils sont longs (7-9 cm), assez épais, et légèrement frisotés. Leurs couleurs sont vraiment intéressantes, je trouve, même si je ne les ai pas encore utilisés pour monter des mouches. Vu la longueur de ces poils, ils seront parfaits, une fois humectés, pour réaliser des corps, ou bien des cerques de grandes éphémères, ou antennes de sedge. Je n’ai malheureusement pas trouvé des données sur l’ultrastructures de leurs poils.

Les poils de chamois sont plus fins, plus courts, et sont un peu équivalents aux poils de chevreuil.  Là également, je ne les ai pas encore utilisés, mais j’imagine bien en faire un corps taillé (façon Goddard) pour des gros sedges crépusculaires. Pra contre, dans “le lot”, il y avait également une paire d’oreilles de chamois.

Photographies mettant en évidence l’ultrastructure des poils de chamois. D’après Fur Skin et M. Toth. A gauche : vue en microscopie électronique des écailles de la cuticule (tige d’un poil de couverture). A droite : coupe longitudinale en microscopie optique (même poil) mettant en évidence la structure alvéolaire de la médulla.

Sur ces photos, on distingue parfaitement des écailles polygonales, en cela différentes de la majorité des espèces de Cervidés. La coupe longitudinale mets par contre en évidence une médulla très développée par rapport au cortex, en cela assez proche de la structure du poil de couverture des cervidés. Ces poils sont donc intéressant en fly tying pour leur flottabilité. D’ailleurs leur indice IM de 0,90 est excellent.

Je vous montre un exemplaire de mouche, assez moche, je le reconnais, dont les cerques sont fait en poils d’antilope.

Mouche et photographie de l’auteur: Grande éphémère avec cerques en poils d’antilope, ici sur un hameçon 2X en taille 16.

Ci-dessous, un exemplaire de mouche “bourrue”, montée avec du poil d’oreille de chamois.

Mouche et photographie de l’auteur: ORC (oreille de chamois) en taille 16. 

F – Poils d’écureuil

Comme nous l’avons déjà vu, il existe plusieurs poils d’écureuil. J’ai déjà longuement parlé de ces poils dans mon article sur le Dubbing, car de part les espèces différentes, conjuguées à des formes mélanistique, ils présentent un panel de couleurs très intéressant.

Les poils de couvertures sont rigides, fins, et courts (<0,7 cm). A vrai dire, ils se prêtent plus à une utilisation en tant que dubbing. Par contre, la queue de ces animaux présente des poils longs, fins, assez rigides, parfaits pour faire des ailes d’émergeantes, car mesurant jusqu’à 3 cm de long.

Photographie de différentes queues d’écureuils (photographies de l’auteur) : Ecureuil gris (Sciurus carolinensis), ecureuil « renard » (fox squirrel, S. niger) ; écureuil roux (S. vulgaris), et de western gray squirrel (S. griseus) .

Ainsi qu’il est possible de le voir sur la photo ci-dessus, les poils de couverture sont très longs (ils peuvent atteindre 4-5 cm), fins, assez rigides. Ils sont donc parfaits pour simuler des ailes, pour faire des cerques. Bien sur, ils ont également toute leur utilité pour faire des streamers.

La queue d’écureuil roux vient d’un écureuil ayant été percuté par une voiture qui était devant moi. Je me suis arrêté, je l’ai juste coupée avec un bon couteau. Dans un verre, j’ai mis une hauteur de 2 cm environ de sel fin, et j’y ai plongé la base de la queue. Au bout d’une semaine, la queue est totalement déshydratée, sans odeur, ce qui en permet une parfaite conservation. Sur cet animal, j’ai également prélevé la peau…et comme l’animal n’était pas abimé, je l’ai consommé.

Mon grand père m’en avait fait manger une fois, alors que j’étais tout gamin, et j’ai retrouvé là la finesse de cette chair, qui présente un délicieux et subtil gout de noisette. L’écureuil est vraiment délicieux. Certains vont crier au sacrilège. Oui, mais l’animal venait d’être tué devant moi. Plutôt que de le laisser pourrir sur le bord de la route, j’ai prélevé la peau et la queue pour le fly tying, et j’en ai consommé la chair. Les os sont partis au compost.

Photographies mettant en évidence l’ultrastructure des poils d’écureuil. D’après Fur Skin et M. Toth. En haut à gauche : vue en microscopie électronique des écailles “en chevrons » de la cuticule. En haut à droite : vue des écailles de la cuticule en microscopie optique. En bas à gauche  : coupe longitudinale de la médulla en microscopie électronique mettant en évidence des alvéoles de forme multisériée spongiforme. En bas à droite : même vue cette fois en microscopie otique.

Les poils de couverture de l’écureuil présentent un IM de 0,85, ce qui est assez élevé, et qui reflète donc une bonne flottabilité. Leur diamètre maximum est à peine supérieur à un dixième de millimètre, ce qui rend ce poil particulièrement intéressant pour les petites émergeantes. Ci-dessous, un exemple d’utilisation de poils d’écureuil.

Photographie et mouche de l’auteur: sedge “à draguer” avec collerette en poil d’écureuil roux sur hameçon en taille 16. Corps en dubbing de lièvre, aile en poils de cervidés deux couleurs.

emergente ecureuil paraloop squirrel fly tying mouche eclosionMouche et photographie de l’auteur: émergente “paraloop” en écureuil (corps en herle, thorax en dubbing d’écureuil maison de chez S. Bailly, et collerette en poils de couverture d’écureuil gris, sur hameçon caddis Varivas H18).

G – Poils de marmotte, de renard, de martre et de raton laveur

Avec ce groupe hétéroclite d’animaux (regroupement totalement arbitraire de ma part), nous sommes plus dans le registre de fourrures avec des poils assez fins, mais relativement longs. Il va de soi que les poils de ces espèces ont tout à fait leur place dans la réalisation des streamers. Mais comme je vous le disais en introduction, l’objectif de cet article est de parler de leur utilisation pour les mouches sèches et émergeantes.

Le renard (Vulpes vulpes), c’est surtout la queue que l’on va utiliser, de part ses longs poils assez rigides. J’ai un patch de poils de renard arctique, et clairement, cette espèce ne peut pas être utilisée pour des mouches sèches et/ou émergeantes : en effet, ils sont très souples, et iront donc à merveille pour le montage des streamers, et que des streamers.

La marmotte (Marmota marmot) est également intéressante, grâce aux poils de la queue, très similaires aux poils de renard. Pour le corps, j’ai une peu de marmotte canadienne (M. monax), mais qui présente visiblement une fourrure très différente de notre marmotte européenne, avec des poils de couverture beaucoup plus fins et courts.

La martre (Martes martes) est un Mustélidé bien connu, très proche phylogénétiquement de la fouine (Martes foina). La également, l’utilisation des poils de la queue est préférable, car ils sont plus rigides et plus longs.

Le raton laveur (Procyon lotor), présente également des poils de couverture similaires.

C’est donc pour ces raisons que j’ai donc regroupé ces quatre espèces animales:  poils très similaires, mais avec des teintes variables.

Photographies de fourrure de renard (en haut à gauche, renard roux, Vulpes vulpes, juste en dessous patch de renard arctique  – V. lagopus), de marmotte (à droite, en haut, marmotte canadienne – Marmota monax), en dessous, queue de marmotte européenne – M. marmota) de raton laveur (Procyon loto) et de martre (Martes martes) (photographies de l’auteur).

Le vison (Neovison vison) présente également des poils (queue) en tous points similaires à ceux des poils de martre/fouine. Je ne détaille donc pas leur ultrastructure.

Photographie d’une queue de vison, mettant en évidence la grande similarité avec la queue de martre ci-dessus (photographie de l’auteur).

Cette similarité interspécifique se retrouve également dans l’ultrastructure des poils. Pour les raisons évoquées ci-dessus, je n’ai pas détaillé l’ultrastructure des poils de vison (extrêmement similaire au ceux de la martre et de la fouine).

Photographies mettant en évidence les similarités des poils de marmotte, renard, raton laveur et martre. A : coupe transversale en microscopie électronique. B : Ecailles de la cuticule en microscopie optique. C : Coupe transversale de la médulla en microscopie optique. D’après Fur Skin et M. Toth.

Dans tous les cas, nous avons des poils de couverture déprimés latéralement, avec une médulla présentant une proportion relativement faible – toute proportion gardée cependant(IM = 0,65, 0,70, 0,75 et 0,85, respectivement pour le raton laveur, le renard, la martre et la marmotte). La marmotte étant inféodée aux climat Alpin, il semble donc logique que cela soit cette espèce qui ai l’indice médullaire le plus important, car nous avons vu l’importance de la médulla dans la protection thermique. Les écailles sont toutes en chevrons de formes plus ou moins coniques, sauf chez la marmotte ou elles sont de forme rhomboïdale. Enfin, la médulla est plutôt nummiforme irrégulière dans tous les cas.

Cette similarité de structure permet de les utiliser en fly tying comme touffe de cerques des éphémères, ailes d’émergeantes ou de muddler, ailes de sedges ou « bulle » des « bubble sedges ». Leur finesse, conjuguée au phénomène de tension de surface leur confère en effet une bonne flottabilité.

Mouche et photographie de Lapoisse: Bubble fox avec la “bulle” réalisée en poils de renard.

Sedge emergeante marmotte fly hairMouche et photographie de l’auteur. Emergente de sedge avec l’aile en poil de queue de marmotte, ici en taille 16. Le corps et le thorax sont en dubbing de ragondin cerclé d’un fil métallique.

H – Poils de loir et d’opossum

Le loir (loir gris, Glis glis), est un petit animal nocturne, connu pour être très bruyant.

Lors d’une rencontre avec Gerard Picard, il m’avait parlé de cet animal, comme fournissant un poil gris, très fins, très brillants. D’ailleurs, il avait proposé un (très) beau montage a base de poils de Loir dans une revue que je me refuse à citer (ne voulant pas leur faire de la pub, car ne la méritant pas, selon moi).

Peu de temps après, il m’envoyait deux peaux de Loirs avec les queues. Les poils de queue se prêtent à merveille à la confection d’exuvies trainantes des émergeantes. Ils sont un peu frisottés, très brillants et transparents. Dans l’univers des poils de montage, les poils de Loir sont aux autres poils ce qu’est une plume de Coq du Limousin au coq génétique Américain.

Sinon, avec les poils de couverture, on fait de très beaux parachutes en taille 20-18. Ils permettent de faire une collerette horizontale gris héron de toute beauté. Assez souples, conjugué à un IM faible (0,25), ils permettent une flottaison très basse.

L’opossum est une peau que j’ai obtenu, je ne me souviens plus trop ou. Je n’en connais ni le genre, ni l’espèce.

Photographies de peau de loir (en haut) et d’opossum (en bas). En haut a droite, détail de la queue de Loir mettant en évidence la beauté des poils de couverture (photographies de l’auteur).

Photos mettant en évidence l’ultrastructure des poils des Loir (Glis glis).

En haut, à gauche et au centre: écailles de la cuticule en microscopie électronique (à gauche) et optique (au centre), mettant en évidence les écailles en pétales rhomboïdaux.

A droite : photo en microscopie optique mettant en évidence la transparence des poils de Loir. Les poils de couvertures présentent une médulla dont les alvéoles sont nummiformes sur une seule rangée, ce qui explique la transparence de ces poils.

En bas à gauche : coupe transversale d’un poil fin, montrant la médulla très mince d’un poil de couverture (à mettre en parallèle avec le poil de couverture – en haut de la photo à droite, ou l’on voit très bien la faible proportion relative de la médulla. D’après Fur Skin et M. Toth.

Avec ces poils de Loir, voici un de me montages favori.

Mouche et photographie de l’auteur: Olive parachute avec collerette et cerques en poil de loir (sur hameçon en taille 20). Le corps est en dubbing “antique gold” cerclé d’un fil métallique, le thorax juste passé légèrement au marqueur indélébile noir.

Ainsi que je vous le disais, l’opossum est un nom générique pour de très nombreuses espèces. La peau que je possède (genre et espèce non identifié), me permet de faire un dubbing très fin, aux fibres relativement courtes. Les poils de couverture ne présentent pas vraiment d’intérêt, à tout dire, car trop fins, trop souples, ou alors seulement pour réaliser de très petites emergentes. En fait le dubbing est à faire en prenant les poils de bourre avec les poils de couverture. On obtient alors un dubbing assez semblable au «dubbing d’écureuil maison » que commercialisait S. Bailly. Donc, j’adore !

I – Poils de taupe et de souris

J’ai regroupé ces deux espèces (taupe – Talpa talpa, et souris- Mus sp.) parce que toutes deux présentent des poils extrêmement courts. A ma connaissance, on ne trouve pas de peau de souris à la vente. J’en ai une, car je l’ai piégée dans mon garage. Quitte à la tuer, j’en ai récupéré la peau (mais je ne l’ai pas mangée!) .

Photographie de peaux de taupes (différentes teintes,  gauche), et de souris (à droite). Photographie de l’auteur.

Il est clair que l’on peut utiliser les poils de ces animaux pour faire du dubbing, en regard de leur très petite taille.  Ces poils, courts et fins (environ 1 cm au maximum, et de diamètre d’environ un vingtième de millimètre), présentent cependant un IM de 0,85 et 0,75, respectivement pour la souris et la taupe.

En d’autres termes, ils ont une flottabilité intrinsèque non négligeable, ce qui, combiné avec à la tension de surface, leur confère des caractéristiques très intéressantes dans le montage des mouches de surface. Cette collerette sur une peute va donc lui conférer une meilleure flottabilité, et la rendre encore plus prenante que l’originale, selon moi.

Je ne vous montre pas l’ultrastructure des poils, mais chez ces deux espèces, la médulla présente une structure alvéolaire nummiforme.

Mouche et photographie de l’auteur: version personnelle d’une peute avec collerette en poil de taupe (ici sur hameçon en taille16).

J – Poils de rat musqué et de ragondin

J’aurais tendance à dire que le rat musqué (Ondatra zybethicus) est au ragondin (Myocastor coypus), ce que le lapin est au lièvre, la finesse en plus. Des peaux similaires, des couleurs relativement semblables, mais le rat musqué a une fourrure avec énormément de bourre, et les poils de couvertures sont assez souples, et a peine plus longs que les poils de bourre.

Sincèrement, je n’aime pas le poil de rat musqué, qui sera par contre très utile pour le montage des nymphes. Par contre, le ragondin présente une très belle fourrure. La bourre, de couleur marron chocolat, est constituée de poils très fins, qui font un dubbing magnifique. Les poils de couverture sont longs (environ 2-3 cm), épais (dans la moyenne de l’épaisseur des poils de Cervidés), très rigides.

Photo de poils de ragondin (à gauche) et de rat musqué (à droite) – photographie de l’auteur).

Sur cette photo, l’aspect bourru de la fourrure du rat musqué est évident. Bourre épaisse, grisâtre, poils de couverture très fins, à peine plus longs que les poils de bourre, très souples également. Le ragondin présente également une bourre épaisse, marron. Les poils de garde sont beaucoup plus clairs, long, rigides, épais. Ils sont un excellent palliatif aux poils de lièvre, et présentent avec ceux-ci la même valeur d’IM, soit 0,85. A titre de comparaison, les poils de rat musqué ont un IM=0,45, ce qui est au contraire très faible.

Photographie mettant en évidence l’ultrastructure du poil de couverture de ragondin. En haut à gauche : coupe longitudinale en microscopie électronique. En bas : coupe transversale en microscopie optique : La médulla est épaisse, formée de petites alvéoles. En haut à droite : microscopie électronique montrant les écailles pétaloïdes de la cuticule. D’après Fur Skin et M. Toth.

Il est assez difficile d’utiliser les poils de couverture de ragondin, de part leur très grande rigidité. Cependant difficile ne veut pas dire impossible!

Mouche et photographie de l’auteur: Emergente de sedge sur hameçon caddis en taille 16, réalisée entièrement en ragondin: corps en dubbing de ragondin, sac allaire et ailes en poils de couverture de ragondin. Les poils de couverture sont vraiment très rigides et donc assez difficiles à travailler. Le thorax est en dubbing de ragondin auquel j’ai ajouté un peu de dubbing de masque de lièvre teinté en noir pour foncer l’ensemble.

K- Poils de blaireau, et de sanglier

Les poils de ces deux animaux sont longs. Ils ont un indice IM faible (0,55 et 0,50 respectivement pour le blaireau et le sanglier) et ont des structures relativement semblables, même si les poils de sangliers sont beaucoup plus rigides.

Photographie de poils de blaireau (à gauche) et de sanglier (à droite) – (photographie de l’auteur).

Sur cette photo, on voit aisément la longueur et la finesse des poils de blaireau. Ceux-ci conviennent parfaitement pour faire des cerques, et des ailes de sedge. Les poils de sanglier sont très rigides.

Photographie mettant en évidence l’ultrastructure des poils de blaireau (Meles meles) et de sanglier (Sus scrofa). A gauche : sanglier. A droite : Blaireau. De haut en bas : coupe transversale en microscopie électronique montrant une médulla pour partie amorphe, avec un tub central alvéolé représentant moins de 50% de la surface du diamètre total du poil de couverture ; vue longitudinale en microscopie optique des écailles en large pétales irréguliers de la cuticule ; coupe transversale en microscopie optique montrant une médulla avec de petites alvéoles multisériées. D’après Fur Skin et M. Toth.

Je n’ai trouvé qu’une seule utilisation aux poils de sangliers : faire de longues cerques (imitation d’Ecdyonaurus) assez rigides, permettant de tisser un corps dessus.

Mouche et photographie de l’auteur: IEcdyonaurus en corps détaché tissé  sur hameçon caddis en taille 18, Le corps est tissé sur deux soie de sanglier avec deux fils en polyester. Ailes en film synthétique, thorax et collerette en CDC.

Je vous montre également une petite éphémère (sur hameçon taille 16), en montage paraloop. Les poils de blaireau sont fixés par la pointe à la courbure de manière à simuler les cerques. Sans les couper, et en les torsadant entre eux, je forme alors le corps. Le reste (la base des poils) me sert alors de support à l’enroulement du hackle pour faire le paraloop. Le thorax est en dubbing d’écureuil.

Ephemere parachutte blaireauu fly tying badger eclosion moucheMouche et photographie de l’auteur: Ephémère sombre sur hameçon en taille 16. Cerques et corps en poils de blaireau

L – Récapitulatifs des caractéristiques des poils des espèces citées dans cet article

Arrivant en fin de cet article il m’a semblé nécessaire de faire un récapitulatif de ces caractéristiques pour plus de lisibilité. Le tableau E relatif à l’utilisation possible des différents poils n’engage que moi.

Tableau D : caractéristiques des poils de quelques-unes des espèces citées dans cet article.

Eté Hiver IM
Espèce, nom vernaculaire, et entre parenthèse, nom Anglais et nom scientifique Longueur maximale (mm) Diamètre maximum (µm) Longueur maximale (mm) Diamètre maximum (µm)
Blaireau (badger, Meles meles) 90* 250* 0,50
Cerf (red deer, Cervus elaphus) 60 160-280 80 450 0,95
Cerf hemione (deer, Odocoïleus virginatus) 50* 160* 0,75(a) – 0,90(b)
Chamois (chamois, Rupicapra rupicapra) 90 200* 200(d) 0,90
Chevreuil (roe deer, Capreolus capreolus) 35 140 40 380 0,85
Daim (fallow deer, Dama dama) 56* 355* 0,90
Ecureuil (squirrel, Sciurus vulgaris) 25* 125* 0,85
Elan (moose, Alces alces) 110* – 250*(c) 500* 0,95
Lagomorphes (lièvre et lapin, Lepus europaeus et Oryctolagus cuniculus) 35* 150* 0,85
Loir (dormouse, Glis glis) 20* 60* 0,25
Marmotte (marmot, Marmota marmota) 40* 138* 0,80
Martre (marten, Martes martes) et fouine (weasel, Martes foina) 60* 145* 0,75
Ragondin (nutria, Myocastor coypus) 55* 200* 0,85
Rat musqué (muskrat, Ondatra zybethicus) 45* 110* 0,45
Raton laveur (racoon, Procyon lotor) 65* 130* 0,65
Renard (fox, Vulpes vulpes) 60* 120* 0,70
Sanglier (wild boar, Sus scrofa) 110* – 180*(c) 400* 0,50
Souris (Mouse – mice au pluriel, Mus sp.) 10* 55* 0,85
Taupe (mole, Talpa europeae) 12* 45* 0,75
Vison (mink, Neovison vison) 25* 135* 0,75

* : Pas de distinction faite entre pelage d’été et pelage d’hiver ; (a): valeur estivale ; (b): valeur hivernale ; (c): valeur pour la crinière ; (d): valeur pour la crinière, correspondant également à la longueur maximale hivernale.

Tableau E : Utilisations possibles des poils des espèces citées dans cet article.

Espèce IM Flottabilité (**) Rigidité Dubbing Cerques Ailes Collerette Corps Streamers / noyées
Blaireau 0,50 + + + +++ + (e, f) + +++
Cerf 0,95 +++ +++ + (e) +++
Cerf hemione 0.85* ++ +++ + (e) +/-
Chamois 0,90 +++ ++ + + +(e) +/- +/-
Chevreuil 0,85 ++ +++ + +++(e) +++(c) +(d)
Daim 0,90 +++ +++ +(e)
Ecureuil 0,85 ++ +++ +++ +++(a) +++(e, f) + +++
Elan 0,95 +++ ++ +++ +++ (b) +++
Lièvre 0,85 ++ +++ +++ +++(a)
Lapin 0,85 ++ +++ +++
Loir 0,25 + ++ +++ +++(e, f) +++
Marmotte 0,80 ++ ++ ++ +++(a) +++(e, f) +++
MartreFouine

Vison

0,75 ++ ++ ++ + +++(e, f) + + +++
Ragondin 0,85 ++ +++ +++ ++ + +
Rat musqué 0,85 ++ +++ +
Raton laveur 0,65 + ++ +
Renard 0,70 +/++ +++ ++ +++(a) +++(f) + + ++
Sanglier 0,50 + +++ +++(b)
SourisTaupe 0,850,75 ++ +++ +++

* : valeur moyenne ; (**): flotabilité sur la base de la seule IM, sans prendre en compte les phénomènes de tension de surface ; (a) : Cerques émergeantes ; (b) : cerques grandes éphémères et Ecdyonaurus ; (c): corps taillés (Goddard, « Adams irresistible », fourmis, coléoptères…) ; (d) Muddler ; (e) : ailes de sedge ; (f) : ailes d’émergeantes

M – Références

Les principales références utilisées pour cet article sont:

  • Macdonald D. & Barret F. « Guide complet des Mammifères de France et d’Europe ». 1995, Eds Delachaux et Niestlé. ISBN 2-603-00986-9.
  • Beaumont A. & Cassier P. « Les Cordés, anatomie comparée des vertèbres ». 1982, Eds Dunod Université, ISBN 2-04—015514-7.
  • Toth M. “Hair and fur, atlas of central European Mammals”, 2017, Eds Pars Ltd, ISBN 978-963-88339-7-6.
  • Site web http://www.microlabgallery.com/
  • Site web http://www.furskin.cz/ qui est un outil de taxonomie.
  • Kulak D. & Wajdzik M. “Morphological characteristics of hairs in the roe deer (Capreolus capreolus Linnaeus 1758) from the Polish part of the Carpathian Mountains.” Electronic Journal of Polish Agricultural Universities, 9(4), 2006,. Disponible à l’adresse suivante : http://www.ejpau.media.pl/volume9/issue4/art-20.html
  • Hausman L. A. “Structural characteristics of the hair of Mammals”, The American Naturalist, 54(635), pp 496- 523, 1920. Disponible à l’adresse suivante : https://www.jstor.org/stable/2456345?seq=1#metadata_info_tab_contents
  • Ballet X. « Caractérisation morphologique des poils de Mammifères terrestre de la faune sauvage Française métropolitaine ». Thèse d’exercice, 2018 disponible sur le site http://www2.vetagro-sup.fr/bib/fondoc/th_sout/phpWP.php?annee=2018 (thèse No. 106).

Voila, j’achève ici ce long article. J’espère qu’il vous a plus et surtout, qu’il vous sera utile dans vos montages. Bien sur, tous vos commentaires et/ou remarques seront les bienvenus!

Casa

9 réponses à “Les poils en fly tying

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