4 / L'atelier Techniques de montage des mouches

Vous avez dit “cous”?

Je suis un grand malade…. Et , je vais vous montrer un peu à quel point je suis atteint. C’est grave, mais alors vraiment grave.

J’ai « quelques » cous, saddles, de coq Américains (coqs dits « génétiques »), de coq de Leon, de coqs Indiens, de poules, de coq de pêche du Limousin, bref, j’ai de quoi monter toute ma vie à un rythme effréné…

Le pire, est que certains de ces cous ou saddles sont tellement beaux, intrinsèquement, que je n’ose y prendre des plumes. Quand je vous dis que c’est grave…très grave, même…

De plus, je ne monte pas d’araignées (ou si peu), et en fait, les seules mouches à hackle que je monte maintenant sont des parachutes, ou des mouches à collerettes … pour lesquelles j’utilise des plumes de coqs du Limousin. J’avoue que les araignées, avec leur fâcheuse tendance à faire vriller les bas de ligne, et ben, j’en ai un peu ma claque.

Mais bon, quand je vous disais que j’étais tombé dedans…et que j’en suis addict.

Mais parlons en un peu, de ces objets de désir, peut être afin de mieux en saisir la complexité. Coqs du Limousin, coqs Americain, coqs Indiens, coqs génétiques, grizzly, badger, grade bronze, couleur naturelle, ou teintée…bref, parfois, on peut s’y perdre un peu… Allez, je vous emmène dans ma passion….

Les coqs dits « génétiques », et la classification afférente des cous et saddles.

La majorité de mes cous et saddles provenants de coqs génétiques sont en grade 2, équivalent au grade silver (argent, pour Pierrot, désolé, c’est en Anglais). J’ai quelques pièces en grade or, d’autre en grade bronze. Je n’ai aucun cou de grade platine.  A vrai dire, je n’en ai jamais vu. J’ai des cous prograde aussi, qui présentent un nombre de plumes utilisables bien inférieur. Le grade « prograde » est en effet situé en dessous du grade bronze.

Ces grades, qui, à ma connaissance, n’existent que pour les coqs génétiques (et les coqs de Leon), ne correspondent pas à la qualité des plumes, mais à la quantité de plumes utilisables sur un cou (ou saddle).  Par exemple, pour un saddle taille « midge » (majorité des lancettes pour monter des tailles d’hameçons 24-18), un grade or, argent, ou bronze, auront des lancettes aussi belles. Par contre, sur le grade or, il y aura plus de plumes correspondant à ces tailles 24-18, que sur un grade argent, qui en aura lui-même plus que sur un grade bronze. Donc, quel que soit le grade, vous aurez des plumes de même qualité. Il va sans dire que le grade à une grande influence sur le prix, un cou de grade or pouvant s’élever à 125€.

Bien qu’en Anglais, cet « olympic grading system » est très bien expliqué sur le site de Whiting Farm  (Pierrot, il y a des graphiques parfaitement compréhensibles, tu verras, tu comprendras ;o) ):

Whiting farm – Olympic grading system

Donc, pour une marque donnée (Whiting farm, Metz, Keough ou autre), et un pattern donné (grizzly naturel, par exemple), vous aurez des coqs présentant tous le même pattern, quel que soit le grade. Le grade, par contre, va dépendre de l’individu (variabilité inter-individuelle).

Sur la photo ci-dessous, pour un même pattern (grizzly dun naturel), il y a (à gauche) un grade trois (bronze) et à droite un grade 2 (silver). Si la qualité intrinsèque des plumes est la même, on voit clairement que sur le grade silver, la proportion de hackles fins  est plus importante que sur le grade 3. Par contre, sur les deux cous, on voit de toutes petites plumes (la partie haute du cou), et des grandes plumes (sur les bords, et le bas des cous). Ces deux dernières catégories de plumes sont donc, en proportion, plus nombreuses sur le grade 3 que sur le grade silver.

 

Les grands patterns disponibles, ainsi que leurs teintes :

Les coqs dits « génétiques » sont donc soigneusement sélectionnés au fil des générations et des croisements, pour obtenir in fine un pattern de plumes particuliers. Par exemple, un pattern grizzly (plumes claires, barrées de noir perpendiculairement au rachis), ou badger (plumes dont les barbes sont sombres à la base – le long du rachis-, et plus claires vers leurs extrémités). Il y a des « silver badger », la partie claire étant argenté, et des « golden badgers », la partie claire étant plus dorée. Un autre pattern très courant, est celui que je nomme « nature »…car il s’agit de plumes ne présentant aucune particularité (barbes et rachis uniformes). Ils proviennent de coqs que j’appellerais « natures », car présentant des plumes sans aucun motif particulier.

Voici donc quatre grands patterns différents : Hackle « coch y bondhu », grizzly, badger et « nature », de gauche à droite. Le coch y bondhu est de nos jours assez peu fréquent (barbes plus foncées à la base près du rachis, et à leurs extrémités).

 

Enfin, sur un pattern donné (principalement sur du grizzly, ou sur du « nature »), il y a une multitude de teintes naturelles, mais on trouve également des cous teintés artificiellement. Personnellement, j’achète mes cous déjà teintés, mais il m’arrive de faire moi-même des teintures sur quelques plumes, pour un besoin particulier, en utilisant les teintures Veniard.

A ma connaissance, il n’y a pas de coch y bondhu teinté artificiellement (la couleur naturelle étant déjà marron-roux très foncée, il est difficile d’envisager de les teindre, tout au moins dans des teintes plus claires). Je n’ai jamais vu non plus (sauf chez Feather Emporium) de badgers teintés. Le golden et le silver badger étant des teintes naturelles.

Sur la photo ci-dessous il y a des demi cous, et des demi saddles, avec différents pattern et différentes teintes, naturelles ou artificielles. De gauche à droite :

  • Demi-cou Grizzly, couleur naturelle « classique »
  • Demi-cou, « Nature », couleur crème naturelle ;
  • Demi-cou, Grizzly light brown, alias la « one feather Adams”. En effet, classiquement, l’Adams, – mouche célèbre et très prenante s’il en est -, se monte avec un hackle roux (brown), et un hackle grizzly naturel. Avec un tel hackle grizzly brown, une seule plume suffit…sauf pour les puristes ;
  • Demi-cou, Nature, couleur roux naturelle (brown) ;
  • Demi saddle (principalement pour hameçon de taille 14), « nature », gris couleur naturelle ;
  • Demi saddle, « nature », couleur dun naturelle ;
  • Demi saddle, « nature », couleur olive foncée (couleur artificielle).

Voila d’autres exemples sur des cous entiers. Sur un pattern « nature », il est en effet possible de faire des teintures, en partant d’un cou présentant naturellement un couleur crème (il n’y a pas de blanc nature, tout au moins pas à ma connaissancel). De gauche à droite, trois cous en couleurs naturelles, brown, crème et gris clair, et ensuite deux cous teintés olive et noir, respectivement.

 

Il est bien sur possible de faire des teintures sur un pattern grizzly, en partant de al couleur de base, clair avec hachures foncées.

Sur la photo ci-dessous (grizzly dun), admirez la beauté de ces plumes…Il s’agit bien d’un cou, et non pas d’un saddle… même si l’on dirait des lancettes ! Le pattern grizzly dun est en couleur naturelle.

Deux couleurs naturelles sur du badger : silver en haut, golden en bas. Ces plumes sont remarquables pour faire des mouches comme celle-ci, par exemple (palmer), car le rachis, foncé, simule bien une segmentation abdominale.

 

 

Alors, un cou ou un saddle ?

Les deux ont leurs avantages et inconvénients.

Généralement, les saddles (selles en Français), ont des plumes (les lancettes) plus longues que les hackles. Généralement, car sur des cous de bonne qualité, il est possible de trouver des hackles qui sont vraiment très longs. De plus, et encore de façon générale, les saddles ont des plumes dont les deux bords sont parallèles, alors que les hackles ont des bords formant un peu un triangle. Cependant, la encore, sur des hackles de grande qualité, cette différence n’est pas flagrante.

Globalement, vous allez monter jusqu’à 8 mouches avec un saddle, alors qu’avec un hackle, vous n’en monterez que 5 environ.

Alors, pourquoi un cou ?

Le cou à l’avantage de présenter plusieurs tailles de hackles. Si (en fonction du grade), la majorité des plumes va permettre de monter sur une taille d’hameçon bien définie, vous allez avoir des plumes extrêmement petites (taille 28, en haut du cou), et des plumes plus larges (taille 10 et plus) vers le bas et sur les extrémités. Certains vont considérer cela comme étant inutile et vont donc préférer des saddles (bien plus homogènes). Moi, je trouve qu’avec ces toutes petites plumes ont peu faire de très belles choses, et qu’avec les grandes, on peut faire des cerques avec les barbes…. mais aussi et surtout des streamers.

Le saddle, quant à lui, var présenter une majorité de lancettes sur une taille donnée (midge, 16-14, etc). Il est donc moins “polyvalent” qu’un cou.

Le choix vous appartient donc.

Quid des très grands cous ?

Metz, en particulier, produit également des cous dits « magnums ». Ces cous présentent des hackles de très grosse taille et qui sont en général très longs. Autant dire tout de suite que ces hackles ne sont pas destinés à monter des araignées, ou autre, mais bien à faire de gros streamers. Tout comme les schlappens, ces plumes ont donc une utilité très spécifique, donc réduite.

Sur la photo ci-dessous, vous voyez un demi cou Whiting (lignée « High and Dry » qui ne présente qu’un seul grade, équivalent au bronze ) grizzly naturel, et un cou Metz “magnum “en grade silver (à droite sur la photo) .

Vous pouvez comparer les plumes, et voir que les grandes plumes du demi cou ont la  taille des plumes moyennes du cou magnum. Par contre, sur ce cou magnum, les plus petits hackles restent déjà de grande taille. Les plus grand hackles ne font pas loin de 30 cm de longueur

 

 

Les grandes marques fournissant des coqs génétiques :

La majorité de mes cous et saddles proviennent de chez Whiting Farm (L’histoire de Whiting Farm), qui possède également la marque Hebert/Miner. Whiting farm à développé plusieurs lignées génétiques, les plus intéressantes pour le fly tying “classique” étant selon moi, Whiting, High and Dry, et Hebert.

D’autres marques existent, bien sur, comme Metz, qui fut la référence il y a quelques décennies, mais qui est maintenant beaucoup moins bien placée, je trouve, avec des produits de qualité moyenne, voir, très moyenne. Ewing, Keough ou encore Collins sont également des sociétés produisant et vendant des coqs génétiques. J’ai un cou Keough, acheté d’occasion pour la couleur que je recherchais. La qualité des  plumes est moindre, également, je trouve.

Il va donc sans dire, que la qualité varie d’une marque à l’autre. Selon moi, Whiting Farm propose des cous et saddles de la meilleure qualité qui soit (nous parlons de coqs génétiques, et des lignées Whiting, High and dry, et Hebert).  Sur certains de leurs cous, les hackles sont presque aussi longs que des lancettes des saddles, et il est possible de réaliser 4 ou 5 mouches avec la même plume. Par contre, chez Metz, les hackles présentent une moindre qualité (hackles de forme assez triangulaire, avec donc une « partie utile » plus réduite). Ceci est probablement, selon moi, le résultat d’un moins bon travail de sélection des coqs au cours des ans. Mais cela n’est qu’une hypothèse personnelle.

Ci-dessous, extraite du site Whiting farm, une photo montrant bien l’effet de la sélection sur la qualité des plumes.

 

Et les variants, dans tout cela ?

Si l’effet global de la sélection génétique tend à produire des coqs « normés », il existe cependant  des variants, c’est à dire des coqs qui sont au départ sélectionnés (un coq donné, va féconder une poule donnée) pour présenter un pattern spécifique (golden badger, par exemple), mais qui se révèlent, adultes, avoir des pattern un peu différents. Il s’agit simplement de génétique et de caractères dits récessifs. Ce que l’on peut voir également chez les humains, une femme brune aux yeux noisette, et un homme brun aux yeux noisette peuvent en effet avoir ensemble un enfant blond aux yeux bleus…ce qui peut, accessoirement, poser questions sur le père biologique, alors que cela peut n’être que l’expression de gènes récessifs présents chez le père et la mère.

Disgression faite, par exemple, il est possible de trouver un speckled golden badger, c’est a dire un cou de coq golden badger, mais dont certains des hackles vont être un peu hachurés, un peu comme un grizzly. Inutile de vous dire que ces coqs sont uniques.

Il va sans dire que si un coq est un variant, il va l’être pour le cou, mais aussi pour le saddle, cette partie qui est juste antérieure à la « queue ». Ces coqs variants sont aussi classifiés selon le grade qui décrit le nombre de plumes utilisables. Vous pouvez avoir donc un variant en grade or, ou en grade argent, par exemple.

Les variants

Sur la photo ci-dessous, vous avez trois cous en grade silver. Deux cous de la lignée Whiting, et un cou de la lignée Hebert (au centre). Un variant grizzly dun, a gauche, ou l’on voit bien des plumes entièrement rousses et ne présentant pas le pattern grizzly. Au centre, un cou silver badger classique. A droit, un silver badger Withing variant (speckled). C’est assez peu visible, mais certaines plumes assez fines présentent un pattern hachuré. Ce hachurage est bien plus discret cependant que sur un pattern grizzly. Ce cou, d’ailleurs est de toute beauté.

 

Ces variants, on les retrouve aussi également sur des saddles. Sur la photo ci-dessous, il y a des saddles grade silver, deux saddles grade or, ainsi qu’un saddle bronze. Les deux saddles en grade or sont également des variants. Vous me suivez ?

De gauche à droite :

  • Saddle silver badger ;
  • Saddle golden badger ;
  • Un saddle variant grizzly, en grade or, avec des lancettes silver badger, des lancette golden badger, et des lancettes ginger badger, ainsi que des lancette brown badger. La taille est « midge », ce qui signifie que la grande majorité des lancettes sont pour des tailles d’hameçon de 18 et moins ;
  • Un saddle midge grizzly clair, grade bronze (celui ci serait parfait pour faire des plumes tentités);
  • Un autre saddle grade or variant, avec des plumes de patterns et couleurs différentes.

Ces deux saddles grade or variants, sont de pures merveilles….

 

Et quid des coqs dits génétiques versus les coqs de pêche du Limousin ?

Pour ces coqs génétiques, on ne trouve pas de plumée, c’est a dire de plumes vendues séparément de la peau du coq, après que celui-ci ait été plumé.  Vous pouvez juste trouver des pochettes avec une dizaine de lancettes, par exemple. Mais il ne s’agit pas de plumes issues d’une plumée, mais d’un saddle (ou cou) entier – animal sacrifié-, et dont les plumes sont dépareillées et reconditionnées en petites quantités. Avec au passage, une plus value impressionnante (regardez le prix d’un sachet de 10 lancettes, celui d’un demi saddle, et celui d’un saddle complet: grace au grade vous avez une bonne idée  du nombre de plumes disponibles sur un saddle, donc vous pouvez calculer un “prix à la lancette”…et comparer avec le prix de ces fameuses petites pochettes). Donc, quand vous achetez un cou (ou saddle) de coq génétique, l’animal a été sacrifié, à l’âge de 2 ans environ. Cela est donc totalement différents de ce que l’on peut trouver en France, avec les Coqs du Limousin (Du coq à la Rivière). Dans ce cas en effet, l’animal est plumé, ce qui ne le tue pas, permettant donc de récupérer ses plumes pendant plusieurs années. Si je me souviens bien, Jean François Laval me disait attendre qu’un oiseau ait atteint 2 ans avant de commencer à prélever des plumes. Plus jeunes, elles étaient encore impropres au fly tying (barbes trop souples).

Pour ces coqs du Limousin, cela nécessite donc des élevages de taille bien plus réduite. La qualité et le prix sont – tout au moins en apparence pour le prix – plus élevé sur les coqs de pêche du Limousin que sur les coqs génétiques (plus de main d’œuvre sur un plumage et sur le tri des plumes). En revanche, vous pouvez choisir la plumée de l’animal que vous souhaitez, et ce sur plusieurs années. De plus, vous pouvez choisir également la taille des plumes, car des passionnés comme Jean François Laval (ou avant lui Laurent Val), proposent des sachets de 50 hackles pour une taille d’hameçons donnée (taille 20-18, par exemple). Donc, in fine, je ne pense pas que les plumes de coqs de pêche du Limousin soient plus chères que les plumes de coqs génétiques. Quand vous achetez une pochette de lancettes de Limousin, toutes les plumes sans exception sont utilisables pour la taille d’hameçon que vous avez utilisés. Sur un cou de coq génétique, même de grade or, vous aurez des plumes pour monter sur du 10 ou même plus gros. Elles ne sont pas cependant « perdues », car pouvant être utilisée pour des streamers, par exemple, mais ne pourront l’être pour de petits montages.

Par contre, les hackles des coqs du Limousin sont plus courts , et il est donc quasiment impossible de monter plus d’une mouche avec un seul hackle, contrairement à ce que j’écrivais plus haut pour certains cou de coqs génétiques. Je n’ai pas acheté de lancettes de ces coqs, donc je ne peux rien dire à leur sujet, question longueur.

La qualité des plumes également est totalement différentes entre les coqs génétiques et les coqs du Limousin.  Ce qui est magique sur ces coqs du Limousin, c’est la brillance des barbes. Sur la photo ci-dessous, à gauche une plume de coq génétique, à droite, une plume de coq du Limousin de chez Jean-François Laval (du Coq à la Rivière). La différence relative à la brillance et à la transparence est flagrante.

Certains diront également que le rachis des coqs génétiques est plus rigide. Sincèrement, je n’ai pas trouvé. Par contre, il est clair que l’éventail de pattern que l’on peut avoir sur les coqs génétiques et totalement différent de celui que l’on peut avoir sur des cos du Limousin.

Pour faire simple, sur les coqs du Limousin, vous allez avoir des barbes très brillantes, avec des teintes différentes : gris, gris rouillé, roux, gris fumé, etc. Les patterns sont globalement au nombre de deux: barbes légèrement pointillés…ou pas.

Alors que sur des coqs génétiques, vous aurez de nombreux patterns, en plusieurs couleurs, des plumes plus longues, mais une brillance et une transparence tellement moindre….

Personnellement, au plus je prends de la bouteille dans le fly tying, ou plus j’utilise presque uniquement des plumes de coqs de Limousin, car cette brillance et transparence qui ont fait leur renommée me plait au plus haut point. L’avis des poissons ? Je n’en sais rien et à vrai dire…cela est presque accessoire pour moi, car la, je parle vraiment de mon addiction au flytying ;o)

Sur la photo ci-dessous, vous voyez un…cou de coq de Limousin, acheté il y a peu a Jean François Laval… Sincèrement, il ne paye pas de mine, quand on le compare au cous dont vous avez vu les photos plus haut….Ainsi que vous pouvez le voir, nous sommes sur des cous totalement différents des cous de coqs génétiques, mais la qualité des plumes et vraiment au rendez vous, question brillance et transparence. Ce cou provient d’un animal ayant atteint un certain âge, et poursuivre les plumées au cours des ans ne présenterait plus d’avantages, de part une baisse de la qualité des plumes.

 

Et les coqs de Leon dans tout cela ?

Il y a également ces fameux coqs de Leon. Les Leon Pardo, ce sont ceux dont on obtient les fameuses pelles Pardo, qui coutent une blinde. Ces coqs Pardo présentent en effet des teintes splendides (Pardo obscuro, indigo, Flor de escobar etc). Ces pelles, vous en trouvez dans (presque) tous les fly shops. Mais, ce qui est très intéressants, c’est de trouver les cous correspondants. La encore, différents grades sont possibles. En utilisant des cous entiers, vous avez des plumes superbes (hackles) a un cout de revient unitaire tellement moindre que celui des fameuses pelles.

Certaines personnes affirment que les fibres des hackles de coq Pardo sont plus souples que les fibres des pelles de ces même coqs. Sincèrement, je n’ai pas trouvé une telle différence, et si vous vous mettez à monter des sedges avec des ailes en barbe de Pardo, il va vous falloir des quantités de pelles de Pardo…ce qui va vous revenir cher. Avec un cou entier, les choses sont différentes.

Enfin, dernière remarque à propos des coq de Leon: ils présentent des plumes intéressantes uniquement pour faire des cerques, et des ailes (sedges, ou autres, et qui peuvent être mélangées à du CDC, par exemple). En regard de la longueur des barbes, il est en effet, selon moi, inutile de vouloir s’en servir comme hackle pour en faire des collerettes, à l’exception, peut-être de grosses mouches noyées.

Mais la, c’est une catégorie de mouches à laquelle je m’emploie peu.

Sur la photo ci-dessous, quatre cous de coq de Leon Pardo. Trois (à gauche) en grade argent, un en grade bronze (celui de droite).  Quatre teintes différentes, et ne serait-ce qu’en y jetant un rapide coup d’oeil, on y voit la brillance des barbes des hackles.

 

Et une plume de chaque cou, dans le désordre.

 

Ce qui est également intéressant, c’est que seul Whiting farm à réussi à produire de tels coq Pardo, en dehors de ceux élevés en Espagne, bien évidement (principalement dans la province de Leon, et de Leon y Castille).

Et donc, croyez moi, pour des teintes classiques, il est beaucoup moins onéreux d’acheter un cou entier de Pardo, que des pelles. Par contre, sous forme de pelles, vous trouverez des teintes que je n’ai pu trouver sur des cous.

Enfin, en dehors des Pardo, les coqs de Leon présentent des hackles inutilisables pour une utilisation dite « classique » (pour faire une araignée, ou un parachute, par exemple), mais qui fournissent des barbes splendides (cerques et ailes de sedge). Ces plumes sont également très bien pour monter des paraloop, montage nécessitant des barbes un peu plus longues.

Sur la photo ci-dessous, quelques cous de coqs de Leon… Comme vous le voyez, ils sont teints, et les hackles sont assez courts et larges. Comme vous le voyez également, la brillance est au rendez-vous. Mais pour la transparence, on fait nettement mieux (les coqs du Limousin, par exemple).

 

Enfin, les origines : les coqs Indiens

Ils sont très décriés, qualifiés comme étant de mauvaise qualité, présentant des plumes inexploitables, bref, ce sont les vilains petits canards.

Cependant, même si je reconnais que les hackles de ces cous de coqs Indiens sont assez peu utiles (une forme vraiment triangulaire, des hackles de petite taille et aux barbes assez longues), je trouve qu’ils présentent des patterns vraiment magnifiques. Davie McPhail présente un modèle utilisant ces hackles (Davie McPhail  vers les 6 minutes de la vidéo). Perso, si je monte ce modèle présenté par Davie McPhail, j’utilise plus particulièrement ces plumes pour faire les ailes des mouches ailées (style Adams, par exemple), ou pour faire des cerques.

Sur la photo ci-dessous, quelques cous Indiens. Certains ont vraiment des patterns et couleurs remarquables, à commencer par celui en haut a gauche. Les cous mauves et roses sont bien sur teintés, de même que le blue dun (deuxième en partant du haut, a gauche).

 

 

Ces deux dernières années, le prix de ces cous ont vraiment augmentés. Je trouve cela dommage, même si je pense que cela est justifié. Je rechigne cependant à acheter un tel cou qui coute plus de 15 euros….Et pourtant, ils sont également si beaux….

Et les hackles souples dans tout cela ?

Les hackles souples, qu’ils soient de poules, ou d’autre oiseaux (les poules d’eau, par exemple, ou de perdrix) fournissent des hackles souples magnifiques, servant principalement à faire des mouches noyées (je n’en fait quasiment pas), ou encore des streamers.

Encore un fois, et tout comme pour les coqs, on peut trouver différents patterns naturels avec de très belles couleurs naturelles également (sauf le premier, en haut a gauche, qui est un cou teint. Je n’ai effectivement encore jamais vu de poule rouge!!!

 

 

Ces cous peuvent être teintés, parfois avec des couleurs très vives (lignée American hackle, de chez Whiting Farm).

 

 

Ou trouver tout cela ?

Soyons clair, vous pouvez trouver quelques cous chez pas mal de flyshop. Selon moi, deux  des plus complets en terme d’offre sont Bearsden  et Lakeland Flytying. Vous pouvez également en trouver ailleurs (voir Mes sites de fly tying)

Cependant, si vous voulez avoir vraiment du choix, il vos faut aller sur le site US de Feather Emporium. A ce jour, je n’ai pas trouvé d’offre aussi complète ailleurs.

Ce site est génial, mais également très mauvais

On va commencer par les moins. Il est situé aux USA, et on ne peut payer que par Paypal (ce qui est cependant une aubaine en soi, et vous allez comprendre pourquoi). A quasiment chaque commande que j’y ai passé (>10), il m’a fallu ouvrir un litige Paypal – litiges qui se sont cependant toujours soldés à mon avantage. Marchandise pas envoyée, commandes incomplètes, etc. La communication avec le gars, Chris, est assez difficile. Il ne répond pas aux emails, ou très peu, je n’ai jamais réussi à l’avoir au téléphone. Sur son site, vous pouvez commander en ligne…mais si vous procédez de la sorte, vous faite votre commande,  vous payez (Paypal), et ensuite rien ne se passe. En effet, les envois sont gratuits, mais pour les USA uniquement. Et quand vous payez en ligne sur son site, les frais d’envois internationaux ne sont donc pas pris en compte.

Pour les envois internationaux, il vous faut donc passer commande en lui envoyant un email, avec le descriptif exact de ce que vous souhaitez (reference, grade, prix unitaire, etc). En retour il vous envoie une facture Paypal, incluant  elle, les frais de port internationaux. Et la, vous priez que votre commande arrive bien, et soit complète. A chaque litige Paypal, il a fini par m’envoyer l’intégralité de ma commande, plutôt que de me rembourser. Donc in fine, j’ai toujours eu ce que j’ai commandé, parfois avec trois mois de retard…mais le choix proposé fait que je commande toujours chez lui. Par contre, je fais maintenant livrer chez ma sœur (qui vit au USA). Ceci me fait éviter les frais de port internationaux qui sont élevés, les éventuels frais de douanes (si montant supérieur à 100USD), et surtout, cela simplifie un peu les choses, car en procédant ainsi, je peux commander directement sur son site, sans passer par un échange d’email, toujours un peu laborieux.

Enfin, et si je continue à commander chez lui, c’est que c’est le seul site ou j’ai trouvé un tel choix. Essayez de trouver ailleurs un saddle midge grizzly dun en grade or, par exemple…. Si vous trouvez, faites le moi savoir!!!!

Mais même si vous ne souhaitez pas y passer commande, allez  explorer ce site, ne serait-ce que pour rêver…

En effet ce site est également génial. D’abord, il a tous les grades, du gold au bronze, ou même au pro grade (< bronze). Ensuite, il a les marques précédemment citées. Une grande variété de couleurs, des cous et saddles variants» (uniques, donc), des saddles adaptés à différentes tailles (midge pour des hameçons de 24/18, et ensuite tailles 16/14, 12/10, etc). i y a pas mal de variants disponibles également.

Ce qui est extrêmement intéressant, ce sont les « cape tops », qui sont les parties hautes des cous, la ou se situent les plus petites plumes. Comme vous le savez, aux USA, la taille des mouches utilisées est en général supérieure à celles des mouches usitées en Europe. Donc, la partie haute des cous, c’est du  rebus pour eux. Et donc, on trouve ces cape tops à moins de 8 USD. Et la, il n’y a que des plumes pour monter du 18 et tailles inférieures. J’en ai quelques un aussi…..Par contre, sur chaque cape top, vous n’avez de quoi monter qu’une cinquantaine de mouche “seulement”…ce qui n’est pas si mal, déjà…en regard du coût !!!

 

 

Cou de poules (soft hackles), schlappen, cous dits « magnums » (principalement Metz), etc, sont également en ventes sur ce site. Il y a également toute une offre de plumes, plus ou moins rare. De très très loin, l’offre la plus complète que j’ai pu trouver. Mais il y a des inconvénients.

Je vous invite à visiter ce site, car on y apprend beaucoup, et on y rêve encore plus….

Enfin…

Et puis, j’ai également un cou de Jungle coq, grade AA. Il y a les plumes ocellées, fameuses, servant à monter les mouches a migrateurs, et puis il y a les autres, celles en bordure (avec le rachis et les extrémités des barbes clairs), permettant de faire des streamers magnifiques… J’ai un ou deux modèles de streamers articulés utilisant ces plumes…ils sont de toute beauté !! Leur efficacité ? Aucune idée, je ne les ai jamais testés….

 

 

Voila, vous savez tout… ou tout au moins, j’ai l’espoir que vous en sachiez un peu plus, tout au moins.

Inutile de vous dire que je porte un soin particulier à ces cous et saddles. D’ailleurs, pour le besoin de cet article, je les ai (presque tous) sortis de leurs sachets plastiques que je conserve dans une mallette.  J’y ai trouvé un insecte (pas deux, mais un quand même).

Aux grands maux…Je les ai tous mis dans des sachets sous vide, puis congélation. Quand je les ressortirais, je remettrais de l’huile essentielle de citronnelle dans les boites, afin de faire fuir les ravageurs possibles.

Et quand je vous disais que je suis un grand malade, vous me croyez maintenant ?

1+

8 réponses à “Vous avez dit “cous”?

  1. Très complet, parfait.
    Deux petites « remarques »
    – j ai commandé 2 fois chez feather et j ai finalisé ma commande immédiatement, port international en sus compris…
    – l epaisseur du rachis, sur deux cous du même grade même référence, tu peux avoir des rachis assez differents dans leur grosseur et cet argument devrait être pris en compte pour la classification des cous.
    Pour terminer, feather à du choix mais pas toujours de la qualité..

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    1. Cela fait longtemps que je n’ai plus passé de commande directement sur le site, donc les procédés ont probablement été modifiés, ce qui est un plus.

      La classification des cous à été établie par Whiting farm, sur la base du nombre de plumes utilisables par cou. D’accord avec toi sur le fait que l’épaisseur du rachis devrait être pris en compte. Mais, pour faire prendre ce facteur en compte….

      Sur Feather Emporium, en dehors des soucis de commande, je n’ai jamais été déçu par la qualité. J’espère que cela ne m’arrivera pas un jour. :-)

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  2. Eric, ce que tu montres est un cou Whiting de la lignée “High and Dry”, qui donne de très beaux cous (cette lignée est en grade bronze). Tu peux y aller sans problème les yeux fermés;, tu auras de quoi monter.

    Sinon, tu aurais cela (en marron) qui pourrait vraiment correspondre à tes souhaits, une demi selle en microbarbe (midge), tout au moins pour tes petites mouches

    https://www.madflyfishing.com/demi-selle-whiting-farm-microbarb-f532869.html

    A toi de voir

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  3. Super article qui tombe à point .
    Après plus de 25 ans de montage mes cous Metz commence à être à cour de plumes.Je monte quasiment que des parachutes des parachutes sur H12 à H18 .Il me faut un roux et j’avais repéré celui ci
    https://www.ardentflyfishing.com/cous-de-coq-whiting-bronze-roux-p-17502
    En fin de compte un des seul disponible en France ne voulant plus acheter du Metz ou des marques inconues.
    Que me conseille tu comme cous de bonne qualité ? Merci

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