6 / Littérature Livres de montage

Les Mouches Elastiques

Un autre Livre de montage de 97 pages, que nous présente Philippe Geneix – dit le Musicien. Ce livre n’est pas un livre de montage classique, dans le fait qu’il ne traite que d’une seule technique particulière de montage, utilisant des élastiques orthodontiques, d’où le nom de “Mouches élastiques”.

Cette technique utilise ces élastiques pour faire des montage dits “paraloop”, montages que j’affectionne beaucoup, par ailleurs.

Cette méthode est donc utilisée par l’auteur pour proposer des fiches de montages de 13 mouches différentes:

  • 5 Ephéméroptères (de l’émergente au spent, en passant par la stillborn, la subimago, à ailes en V, ou pas);
  • 2 Trichoptères (émergente et imago);
  • 2 Plécoptères (grand et petit modèle);
  • 4 Terrestres (mouche, sialis, forumi et bibio marci).

Il y a en fin de livre un petit chapitre sur les hackles utilisés, qui proviennent de coq de Limousin.

  • Philippe Geneix
  • Fusium
  • 2014
  • 978-2-9549884-0-5
  • 40 euros
  • Un autre livre de montage. Ce livre est basé sur la mise en œuvre d'une méthode de montage - dite "à l'élastique", et qui utilise des élastiques orthodontiques comme support d'enroulement de hackles (de coq du limousin). Cette méthode, mise au point par l’auteur (au demeurant excellent monteur et « patron » su site Avozetto), est en fait un simple montage paraloop, mais utilisant un support particulier que sont ces élastiques.
    Le principe est très intéressant, selon moi. La pratique, relativement aisée si vous êtes déjà familiarisé avec la méthode du paraloop. L’élastique, fortement tendu, sert en effet de support à l’enroulement du hackle. Lorsque cet enroulement est achevé, le fait de libérer la tension de l’élastique, qui se rétracte alors sur lui-même, permet à celui-ci de « bloquer » le hackle aussi bien que le ferait un nœud avec une soie de montage, et d’en « condenser » les enroulements sur une très petite portion de l’élastique. Ce point est très intéressant sur les tous petits montages, par exemple.
    Ensuite, il faut juste utiliser cette collerette faite avec le hackle sur l’élastique, comme on le ferait pour un montage paraloop classique, et en faire soit des ailes dressées, soit des ailes rabattues sur le corps de la mouche. Les exemples de modèles présentés font parties des ceux ornant les boites à mouches de nombre d’entre nous. L’originalité vient du montage paraloop (peut-être moins utilisé par beaucoup d’entre nous), combiné àl’utilisation d’un support d’enroulement élastique.
    Les fiches de montage des modèles sélectionnés sont claires, didactiques, illustrée de grandes et belles photos. Le monteur est pris par la main par l’auteur, pour monter pas à pas les modèles présentés. Libre au lecteur d’adapter ensuite la méthode à ses modèles préférés.
    La méthode est simple, et ne présente aucune réelle difficulté. Il y a une originalité certaine dans les montages proposés, car cette méthode paraloop me semble être moins commune que le parachute classique. Pour les émergentes, le para Loop apporte un réel plus, je trouve, en générant une position encore plus basse – que ne le permet un parachute - sur l’eau. Personnellement, mes imitations de chironomes et midges émergents, je les monte en paraloop, car cela donne des mouches flottant très bas, mais bien visibles.
    Il y a cependant un hic : ainsi que me l’expliquait Philippe (il était intervenu dans mon club), pour tous les modèles avec ailes dressées, la durée de vie de l’exemplaire correspond à la durée de vie de l’élastique, soit un an environ. Autrement dit, au bout d’un an, vous pouvez mettre vos montages à la poubelle.
    Pour les modèles à ailes couchées (pleco, sialis, etc), les barbes du hackle sont couchées grâce à des enroulements de la soie de montage, qui va donc recouvrir ainsi entièrement la portion de l’élastique, le protégeant donc du vieillissement … ce qui augmente vraiment la durée de vie de l’imitation.
    Cependant, pour faire ces ailes couchées (avec de barbes de hackle ou de plumes de pardo), moi je le fais beaucoup plus simplement, en prélevant des touffes de ces barbes, et en les fixant directement sur la hampe avec la soie de montage, après les avoir alignées avec un petit égaliseur de poils. Donc, l’intérêt du couple méthode paraloop/élastiques pour ces ailes couchées, est selon moi, très limité.
    Au final, un livre plaisant certe (très belles photos de Philippe Geneix), les modèles sélectionnés sont classiques, mais très utiles, mais selon moi le principal inconvénient vient de la durée de vie limitée des élastiques. Pour les modèles à ailes couchées ou l’élastique est protégé, et bien – et c’est un avis personnel – la méthode paraloop n’apporte aucun plus.
    Si vous êtes curieux, allez voir ce livre. Pour les autres, passez votre chemin, car le tarif n’est quand même pas négligeable. A ce niveau de prix, laissez vous plutôt tenter par un livre comme CDC évolution, par exemple.

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