4 / L'atelier Fabrication des cannes

Bambou et saumon … un gros challenge !

Histoire de bien me mettre la pression à l’occasion de ma retraite que je commence cette année, je me suis lancé un très sympathique challenge.

Il comporte 2 volets bien distincts.

Le premier consiste à fabriquer une canne en bambou refendu destiné à la pêche du saumon en Spey Cast.

Le deuxième volet est beaucoup plus ambitieux, voire déraisonnable 😂, puisqu’il m’amènera à tenter de prendre un saumon avec cette même canne, et ce dans le Gave d’Oloron.

Étant béarnais de souche, il m’était impossible d’envisager cela ailleurs que dans cette fabuleuse rivière qui est en train de renaitre de ces cendres en matière de remontées de saumon, et ce grâce à certaines associations que je remercie au passage.

Je pense à celle-ci, entre autres —> https://salmotierra-salvatierra.com

À ceux que ça intéresse, je propose de m’accompagner dans cette belle aventure. Je ferai donc vivre ce sujet au fur et à mesure de l’avancement de mon projet.

Il m’a été difficile de trouver un profil “bambou” pour cette canne, mais grace à l’aide de ce forum spécialisé http://forum-gillum.com , j’ai pu trouver “chaussure à mon pied”.

Ce sera donc une canne inspirée du modèle “WYE” (12,6 pour soie de 9/10) commercialisée par la maison Hardy à partir de 1955, et qui avait à l’époque une sacré réputation auprès des saumoniers.

Bien, rentrons dans le vif du sujet …

 


Fabrication des blanks

Les “proportions” des cannes de grande longueur sont importantes. Pour la section du talon ( 12,5 mm sur plats ), il me fallait un tronc de bambou de forte épaisseur, ce que je possédais heureusement.

Taille des baguettes
Redressage des baguettes
Ébauche des baguettes à la section isocèle
À gauche, trempe des baguettes ( chauffe ). À droite, réglage du gabarit de finition
Finition des blanks “à la côte”

Le poids est l’ennemi N° 1 des cannes en bambou refendu de grande longueur. Le creusement des brins ( alvéolage ) est indispensable. Il permettra un gain d’une cinquantaine de grammes qui aura une incidence déterminante sur l’action.

         

Collage des brins à la machine à ligaturer
Ponçage après avoir ôté les ligatures

Les blanks sont terminés. Je dois avouer que je suis impressionné par leur taille. Sur la photo ci-dessous, on peut apprécier la différence entre les 2 premiers blanks de la canne saumon ( en haut ) par rapport au talon d’un modèle “classique” ( en bas ). La tendinite me guette 😜

 


Les viroles

Pour cette canne en 4 brins, je choisis de réaliser les 2 premières liaisons par des emmanchements “classiques”, en alliage de maillechort.

Viroles – ø d’emmanchement 10,5 et 12,5

Et pour la dernière liaison, entre l’avant-dernier brin et le scion, j’opte plutôt pour la méthode du “spliced”.

Cette technique est ancestrale, mais paradoxalement, c’est encore la seule qui permet d’éliminer l’influence néfaste du poids d’une virole éloignée de la poignée, à fortiori pour une canne longue.

Sur les 2 brins concernés doit être pratiqué un biseau d’un angle compris en 2 et 4 °. Un outillage est nécessaire pour réaliser ce travail.

Outillage pour la réalisation des “spliced”

 

 

 

 

 

 

 

 

Les brins sont insérés entre les mâchoires de cet outillage, et tout ce qui dépasse est raboté

 

Liaison “SPLICED” – L’assemblage se fait au moyen d’une ligature ou d’un ruban adhésif

 


L’anneau de départ en agate

Je m’étais juré de ne plus refaire d’anneau de départ en agate ( trop laborieux ) pour mes prochaines cannes, mais la tentation a été trop grande pour celle-ci.

J’ai trouvé une tranche d’agate rouge-orangé, dans le ton de l’essence du porte-moulinet, que je vous présenterai plus tard.

     

La dimension de la bague est proportionnée à celle de la canne ( ø inter 13 / 20 )

L’anneau extérieur est réalisé en maillechort ø 3, agrémenté de décors usinés avec une petite fraise spérique.

Les parties en maillechort sont brasées à chaud. Cette opération reste compliquée pour moi. Je n’ai pas encore trouvé la méthode idéale, ou l’alliage adéquat…

Les autres parties de l’anneau sont également en maillechort.

N’ayant pas de ø 2, j’ai réduit du ø 3. Un usinage un peu “tendu” …

Le pied de l’anneau est toujours en maillechort, et usiné dans un rond ø 6.

      

L’anneau est terminé …

      

 


La poignée

Les poignées de canne à 2 mains, comme leur nom l’indique sont en 2 parties (poignée liège et talon de combat).

Ce talon, c’est l’occasion rêvée pour utiliser enfin la peau de truite tannée, que j’ai acquise au pays basque, dans une pisciculture qui a développé une activité de maroquinerie à partir de ces peaux de truites arc-en-ciel.

Elle ne sont pas commercialisées, et il a fallu batailler pour une acheter une. Le basque est têtu, mais le béarnais n’est pas mal non plus 😂.

Voici cette peau. Nous verrons un peu plus loin comment elle a été mise en oeuvre.

La poignée en liège étant longue (32 cm), j’ai intercalé quelques rondelles de “liège burl mixte” dans un souci d’esthétique.

L’essence de bois choisie est la loupe de Buckeye stabilisé, en raison de sa couleur rouge/orangé assez bien coordonné avec la teinte de la peau.

     

Les pièces de bois étant de fine épaisseur …
… elles seront renforcées par des fines bagues en bronze
Et voici les composants du porte moulinet …
… et ceux de la poignée et du talon de combat

Le morceau de peau de truite est assemblé à la colle Néoprène sur le talon de combat.

Le plan de joint est “sécurisé” et décoré par une baguette en “T”, usinée dans du maillechort.

Et voici la poignée achevée.

Le serrage du moulinet est assuré par un ensemble vis/écrou inséré à l’intérieur du talon de combat, qui vient pousser la bague mobile du porte-moulinet.

 

     

 


A SUIVRE …


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