1 / Au fil de l'eau Rivières

Pêche à la mouche en vallée des Nives (Pays Basque)

Préambule

J'ai pas mal bourlingué en France, et j'y ai découvert de très belles contrées, mais le Pays Basque, à cheval sur deux pays, est incontestablement ma région de cœur, pour plusieurs raisons.

Il représente tout d'abord à mes yeux une destination touristique d'une immense richesse : ses villes à taille humaine, ses villages coquets et paisibles, ses paysages d'une incroyable diversité, et ce peuple basque accueillant et viscéralement attaché à ses racines.

Et d'autre part, deux de ses provinces (le Labourd et la basse-Navarre) sont irriguées par un réseau hydrographique qui constitue une destination halieutique exceptionnelle : la vallée de la Nive.

 

Le ravissant petit village de Banca, blotti au creux de la vallée des Aldudes. La Nive du même nom coule en contrebas (délicate peinture réalisée par un de mes amis).
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La Nive se forme dans son cours supérieur par plusieurs rivières prenant leurs sources dans les hauteurs pyrénéennes. Ces rivières se rejoignent aux environs de Saint-Jean-Pied-de-Port pour former la Grande Nive (Errobi).

Cette dernière, après avoir flâné au milieu des prairies et vallons des 2 provinces qu'elle irrigue, se jette dans l'Adour à quelques kilomètres de l'océan Atlantique.

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Principaux Affluents et sous affluents

Le bassin de la Nive a la particularité d’être constitué dans sa partie amont de 3 rivières de tailles similaires. Ce sont la Nive de Béhérérobie (considérée comme le cours principal), le Laurhibar (affluent en rive droite), et la Nive d’Arneguy (affluent en rive gauche). Ces trois rivières se rejoignent à Uhart-Cise, au lieu baptisé «les 3 eaux».

2 sous-affluents viennent compléter la tête de bassin de la Nive : la Nive de Béhorléguy (sous-affluent du Laurhibar) et la Nive d'Esterenguibel (sous-affluent de la Nive de Béhérobie).

Plus en aval, 3 autres affluents significatifs se jettent dans la Nive :

Saint-Martin d'Arrossa : la Nive des Aldudes (rive gauche) et l'Hayra (sous-affluent)

Osses : Le Laka (rive droite)

Bidarray : Le Bastan, ou Baztan (rive gauche)

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Carte du réseau hydrographique

 

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Population piscicole

Sur sa partie aval (2ème catégorie), la plupart des principaux poissons "blancs" se trouvent représentés.

Sur sa partie amont, en dehors des barbeaux, chevesnes, anguilles jaunes et vairons, ce sont les salmonidés qui prédominent.

La Nive et ses affluents abritent une magnifique souche de truite fario, prénommée "panthère" en raison de sa magnifique robe.

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Souhaitons lui longue vie, car l'association APRN juge malheureusement utile de faire des ré-empoissonnements intempestifs qui, tôt ou tard, auront un impact désastreux sur cette souche locale. Sans commentaire ...

Le saumon atlantique continue avec entêtement à remonter les Nives pour aller frayer dans les têtes de bassin. La seule station de comptage étant hors service depuis une dizaine d'année, il est difficile d'estimer leur nombre. Les initiés nous parlent de quelques centaines de poissons par an.

Souhaitons que la récente interdiction de la pêche au filet à l'estuaire de l'Adour ait un impact favorable sur ces remontées.

À ce sujet, à découvrir ci-dessous une vidéo très intéressante :

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La Nive recèle également des belles populations de truites de mer. Leur taille est modeste (30 à 50 cm). Mais c'est toujours un sacré casse-tête d'en rencontrer une "troupe" qui gobe à tout va à portée de canne, et qui refuse systématiquement tout ce qui lui est présenté.

Enfin, il faut également noter quelques remontées de grandes aloses d'un poids également modeste (2 à 3 kgs).

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Règlementation

Là, c'est carrément le sujet qui fâche...

Depuis des dizaines d'années, il existe 2 associations (voir ci-dessous) qui se partagent les zones et droits de pêche. Ce partage est parfaitement incohérent et illisible pour les pêcheurs. La seule solution pour ne pas prendre le risque de pêcher un parcours interdit (panneautages aléatoires) consiste donc à prendre la carte locale en plus de son son permis traditionnel. Ou pas, et d'aller pêcher ailleurs en raison du prix élevé de ce permis supplémentaire (50 € à l'année).

L'AAPPMA a tenté à de multiples reprise de tendre la main à l'APRN, en vue d'une réunification, sans succès. J'estime que cette situation est fortement préjudiciable pour les rivières basques ... et les pêcheurs.

Concernant la règlementation à proprement parler (tailles légales, quotas, réserves, etc...), elle est consultable sur les sites internet suivants :

Fédération    Fédé 64

Association locale    AAPPMA Nive

Association des propriétaires riverains    APRN

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Parcours spécifiques

La carte des réserves   ICI

Parcours No-Kill : en 2014, les instances ont décidé (à juste titre) de classer 17 kms de rivière en no-kill. C'est le 2ème plus long de France. Il débute à la confluence Nive/bastan à Bidarray, et se termine à 1500 mètres en aval de la confluence Nive/Laurhibar à Huart-Cize. L'ameçon simple sans ardillon (ou ardillon écrasé) est obligatoire.

Parcours jeunes : sur la rivière Laxia à Itxassou, 200 mètres en aval du restaurant Magis jusqu'à la confluence Laxia/Nive. La limite d'âge est de 18 ans.

Parcours surdensitaire : situé en seconde catégorie à Ustaritz, depuis le pont de la RD 250 jusqu’à 50m en aval du barrage du Xopolo. 4 déversements de truites arc en ciel sont faits chaque année. Ce parcours présente l'avantage de pouvoir s'initier à la pêche à la mouche. Mais il permet également de pratiquer pendant la fermeture de la 1ère catégorie (no-kill obligatoire pendant cette période).

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Niveaux

Tout pêcheur à la mouche qui se respecte, au moment de préparer une sortie, se pose la question suivante : les niveaux seront-ils bons ?

On peut considérer que les niveaux idéaux sont les suivants, pour les 2 principales rivières :

60 à 80 cm pour la Nive, à Osses.

30 à 50 cm pour la Nive des Aldudes, à Saint-Etienne-De-Baïgorry

Les niveaux sont disponibles en permanence sur le site "Vigicrue" :

Station de Osses    ICI

Saint-Etienne-De-Baïgorry   ICI

Un petit "tuyau" : lorsque les eaux sont hautes et/ou teintées en raison de fortes précipitations, elles peuvent le rester quelques jours. Par contre, il faut noter que le Bastan retrouve très vite un niveau correct et une eau limpide en raison de son profil particulier. Il peut donc constituer une bonne solution de repli.

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Un mot sur le matériel (cannes)

Le matériel à prévoir pour pêcher les Nives est très classique. Une 9 pied soie de 4 ou 5 est idéale, mais je conseille de prévoir également une petit fouet (7 à 8 pieds) pour les rivières de taille modeste, souvent encombrées (Béhorléguy, Esterenguibel, Laka, Hayra).

Et pour le Bastan, où les truites sont incroyablement farouches, une soie naturelle sera un plus incontestable en raison de la discrétion des posés qu'elle permette réaliser.

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Les artificielles

Ici, je ne vous parlerai que des mouches sèches, car je ne pêche pas, ou très peu, à la nymphe.

Des modèles de mouches à conseiller pour une rivière ? Ceci m'a toujours laissé perplexe, mais je vais quand même vous livrer mes préférences.

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Araignée (18 à 22) avec toupet cdc rose - Mini-peute (18 à 20) - Double collerette (16 à 22)

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Vous recherchez un guide ?

Voici les 6 que je connais.

Mes excuses si j'en ai oublié ...

Si c'est le cas et que j'en ai connaissance, ils seront bien entendu ajoutés sur cette page.

Yvon ZILL    Basquecountry-fishing-guide

Glenn DELPORTE    Made in river

Guillaume CHAVANNE    Baskpêche

Benjamin CHARRON   pêchesport-paysbasque

Patrick TAILLARD    Fishing-guide

Brice SYLVAIN    Pêcheurdenature

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Pour en terminer avec ce préambule, et avant de vous parler plus en détail des principales rivières, voici quelques photos de paysages de la vallée de la Nive.

Lorsque les poissons sont boudeurs, ou que vous êtes "saturé" de pêche, posez vos cannes et allez vous balader.

Dans cette région, tout porte à la rêverie, à la plénitude et au bien-être.

 

 

 

 

 

Et si vous avez l'occasion de pouvoir assister à un concours de "force basque", ne la loupez surtout pas.

C'est un spectacle exceptionnel ...

 

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Les rivières plus en détail

 

SOMMAIRE :

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  1. La Nive
  2. La Nive de Béhérobie et son affluent, la Nive d'Esterenguibel
  3. Le Laurhibar et son affluent, la Nive de Béhorleguy
  4. la Nive d'Arnéguy
  5. La Nive des Aldudes, et son affluent l'Hayra
  6. Le Laka
  7. Le Bastan

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Appelée également "grande Nive", ou "Errobi" en langue Basque, elle est la rivière emblématique du Pays Basque.

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La grande Nive, depuis le pont de Saint-Martin-d'Arrossa

 

Elle prend sa source en Espagne à 1300 mètres d'altitude, dans les montagnes de Basse-Navarre. Longue d'environ 80 km, elle se jette dans l'Adour à Bayonne, à une dizaine de kms de la mer.

La Nive est une rivière très abondante, en raison d'une pluviosité particulièrement élevée sur son bassin versant. Son débit moyen est de 34 m3/s. Sa largeur varie entre 10 et 50 m.

 

Magnifique lisse entre Saint-Martin-d'Arrossa et Saint-Jean-Pied-De-Port

 

Son potentiel halieutique est incontestable, même s'il s'est dégradé comme pour la plupart des rivières. Si on y ajoute le charme exceptionnel de sa vallée, elle représente à mon sens une destination exceptionnelle pour la pêche à la mouche en France.

 

En l'absence de gobage, la rivière invite à la contemplation

 

La présence en salmonidés commence réellement aux environs d'Itxassou, mais la rivière y présente un profil très tumultueux en raison de gorges.  Celles-ci sont relativement modestes, mais méritent un petite escapade touristique avec le fameux "passage de Roland".  Ce secteur abrite les plus gros poissons, mais il est difficile à pêcher, et il est déconseillé de le pratiquer seul.

Au sortir de ces gorges, aux environs de Louhossoa, la Nive s'élargit de façon spectaculaire. Elle dévoile alors une succession de fabuleux radiers, principalement accessibles par la rive droite.

 

Errobi, à Itxassou

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C'est à Bidarray que la Nive donne son plein potentiel halieutique. C'est également là que commence un no-kill de 17 km (le 2ème plus long de France). Il a été décidé en 2014, à la suite des 2 terribles crues qui ont littéralement dévasté  la rivière et son écosystème.

Jusqu'à Saint-Jean-Pied-de Port, les parcours prometteurs se succèdent. On y accède principalement par la route qui longe la rivière. En rive droite de Bidarray à Saint-Martin-d'Arrossa et gauche jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port.

 

 

 

 

Les rafts : La rivière est à tout le monde. C'est en gardant cette vérité en tête que l'on acceptera de bonne grâce la présence des rafts aux mois de juin, juillet et août.

Pendant cette période, je vous conseille d'éviter de pêcher la grande Nive entre 10 heures et 19 heures et de vous rabattre sur ses multiples affluents, dont leur qualité halieutique n'ont rien à lui envier.

 

Une jolie "panthère" bien dodue de la Nive

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Affluent pour les uns, cours principal pour les autres, peu importe.

La Nive de Béhérobie regroupe toutes les caractéristiques dont rêve un pêcheur à la mouche.

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Le pont du petit village de Saint-Michel

 

La Nive de Béhérobie coule sur une quinzaine de kilomètres au fond de la charmante gorge de Soussignaté, et traverse des pittoresques villages basques comme Estérençuby, Saint-Michel, Çaro. Son caractère sauvage est un enchantement pour le pêcheur.

 

 

Sa largeur moyenne est de 6 à 8 mètres. Ses eaux riches (semi-calcaires) abritent une importante population de truites farios.

Les accès aux postes de pêche sont faciles, et il n'existe pas vraiment de secteurs à privilégier, mais j'ai quand même une préférence pour la partie située en amont d'Estérençuby. Les gros poissons, quant à eux, seront plutôt à rechercher aux environs de Saint-Michel.

 

 

 

Info culinaire : si vous recherchez un restaurant dans le secteur, n'hésitez pas une seconde  ➤  Restaurant "les sources de la Nive". Vous garderez un souvenir impérissable du cadre et de la qualité de la cuisine typiquement Basque.

 

Confluence de la Nive de Béhérobie avec l'Estérenguibel (en bas à droite)

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L'Estérenguibel, principal affluent de la Nive de Béhérobie, rejoint sa grande sœur à Estérençuby.

 

Fini les rivières et bonjour au petit torrent de montagne de 5 à 6 mètres de large.

Sa beauté est envoutante et son parcours tourmenté, mais il s'assagit lorsqu'il traverse les petites prairies vallonnées, très bien entretenues par les troupeaux de brebis.

 

 

Si les truites ne sont pas au rendez-vous, asseyez-vous sur un caillou et contemplez la beauté originelle du Pays Basque.

Les farios (nombreuses) se méritent sur l'Estérenguibel. La pêche à la mouche n'y est pas facile, mais une "bonne main" saura tirer son épingle du jeu, au moyen d'un petit fouet de 7 à 8 pieds de long, et d'un bas de ligne relativement court.

En l'absence de gobages, un "peignage" systématique des innombrables petites veines d'eau avec un palmer, ou une double-collerette,  vous réservera de belles surprises, voire très belles.

 

Cette petite rivière est très poissonneuse. Chaque courant est à prospecter méticuleusement

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Cette Nive d'une longueur de 30 kilomètres environ prend sa source dans une étroite vallée nichée entre le massif des Escaliers et le pic de Béhorléguy.

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Sa partie amont est très tourmentée. La rivière coule au milieu de parois rocheuses entrecoupées d'une multitudes de petites cascades, favorisant une ripisylve luxuriante. Cette zone est donc difficilement accessible et peut être dangereuse par moment.

Les secteurs véritablement propices pour la pratique de notre sport se situent dans la vallée de l'Hergaray, entre Bassaburua et Leccumberry. Cette vallée est un véritable écrin de verdure tapissé de vertes prairies épousant les vallons harmonieusement découpés.

 

 

Plus en aval, jusqu'à sa confluence avec la Nive, les zones de pêche sont également excellentes, mais moins agréables en raison de l'urbanisme qui s'intensifie à l'approche de Saint-Etienne-De-Baïgorry.

Le Laurhibar est une rivière assez difficile à pêcher en raison de ses berges très boisées, mais elle est poissonneuse et recèle de très beaux sujets. Une baisse de sa densité piscicole a toutefois été constatée ces dernières années. Les étiages précoces en sont sans doute une des principales causes.

 

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La Nive de Béhorléguie, affluent du Laurhibar, est un petit ruisseau de basse-montagne au charme indéfinissable.

 

 

Cette rivière est un copié-collé du Laurhibar, mais en plus petit, plus intime, et encore plus ravissant. Son cours est presque parallèle à celui de sa grande sœur qu'il rejoint au lieu dit Bastida.

 

La Nive de Béhorléguy, aux environs de Lecumberry

 

Il est préférable de pêcher cette rivière en début de saison, car ensuite, les niveaux deviennent très bas.

 

Voici une de mes zones de prédilection (aval et amont de la petite route de Latarce) :

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Pêcheurs "sportifs", cette rivière est faite pour vous ... si vous arrivez à fermer les yeux sur certains aléas.

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Cette rivière, d'une vingtaine de kilomètres de long, est un peu le "mauvais élève" de la vallée, en terme de qualité environnementale.

Ces dernières années, plusieurs épisodes de pollution aux hydrocarbures ont amené les élus à interdire la consommation des poissons.

Ce constat est d'autant plus amer que les causes de ces pollutions "seraient" à rechercher en Espagne.

D'autre part, je dois avouer que le flot incessant des voitures qui emmènent leurs occupants s'approvisionner dans les grosses "ventas" implantées à Arnéguy a tendance à me défriser.

Tout ceci est bien dommage. Cette rivière mériterait un meilleur traitement. Je la pêchais souvent il y a une trentaine d'années et j'ai le souvenir d'un potentiel halieutique exceptionnel, malgré un accès compliqué aux principaux postes.

 

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Lorsque mon père m'y amena pêcher mes premiers vairons, il y a une cinquantaine d'années, j'ignorais que cette merveille de rivière deviendrait mon éternelle fiancée.

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La Nive des Aldudes, à Banca

 

Elle porte deux noms : Nive des Aldudes sur sa partie amont, et Nive de Baïgorry à partir de Saint-Etienne-De-Baïgorry jusqu'à sa confluence, à Saint-Martin-d'Arrossa.

Longue d'une trentaine de kilomètres, elle prend sa source en Navarre à 1200 mètres d'altitude et arrose les 4 villages d'Urepel, Les Aldudes, Banca et Saint-Etienne-De-Baïgorry.

 

Pêcheur au tenkara, dans le ravissant village de Saint-Etienne-De-Baïgorry

 

Bien que rivière de taille modeste ( 8 à 12 mètres de largeur ), la Nive des Aldudes abrite des truites farios fort bien dimensionnées. La taille moyenne des captures avoisine 30 cm, et les poissons dépassant 40 cm ne sont pas rares. La Nive des Aldudes est sans conteste la rivière qui concentre le meilleur ratio de gros sujets sur tout le bassin des Nives.

 

Entre Saint-Martin-D'Arrossa et Saint-Etienne-De-Baïgorry

 

La pêche à la mouche sèche est la technique reine, en raison des innombrables radiers qui composent son parcours.

Mais un bon pêcheur à la nymphe ( au fil ou à vue ) tirera également son épingle du jeu. Cette rivière est également parfaite pour la pêche au tenkara, surtout sur sa partie amont.

 

 

Il est difficile de distinguer des zones de pêche meilleures que d'autres. Sur la Nive des Aldudes, c'est comme pour le cochon : tout est bon, y compris les traversées de villages.

Ci-dessous, vous trouverez des infos sur 2 très bons parcours.

 

 

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Un petit bémol tout de même : le nombre très important de piscicultures sur la Nive des Aldudes (13). Même si les conditions sanitaires y semblent bonnes, elles ont tout de même un impact négatif. La Nive des Aldudes connait en effet la plus forte eutrophisation de toutes les rivières composant le bassin des Nives.

 

3 petites infos touristiques : si vous vous accordez une pause dans votre séjour de pêche, je vous conseille de faire un tour à la petite exposition ( située à Banca ) retraçant l'histoire des forges de Banca.

L'élevage de porcs basques de Pierre Oteiza ( aux Aldudes ) vaut également le détour.

Mais aussi et surtout, vous pouvez monter aux confins de la vallée, dans le pays Quint. Cette immense zone de pâturage où vous croiserez des pottoks, vaches et moutons en semi-liberté avant la grande transhumance, possède un charme indéfinissable. Une ancien guide du routard expliquait que, nulle part en France, ils n'avaient éprouvé un tel sentiment de plénitude.

 

Le pays Quint, habité par quelques dizaines d'âmes, a une particularité quasiment unique. Leurs habitants sont en effet soumis à un système fiscal et social hybride. Ils payent leur impôt foncier en Espagne ... et leur taxe d'habitation en France. Le courrier leur est distribué par les PTT, mais leur sécurité est assurée par ... la guardia civil.

 

Quelques chevaux, à l'état semi-sauvage

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L'Hayra, charmant petit affluent de la Nive des Aldudes qui vous aménera dans une majestueuse hêtraie.

 

Tout au long de son cours ( environ 13 kilomètres ), vous ne rencontrerez que quelques maisons. Au fur et à mesure que vous suivrez la petite route qui longe la rivière, un sentiment de bout du monde vous gagnera rapidement.

 

 

Hélas, cet adorable petit ruisseau a été littéralement "laminé" par les terribles crues de 2014 et 2015, emportant tout sur leurs passages. Peu de poissons ont survécu à l'époque, mais 6 ans après, la vie semble avoir repris ses droits.

 

Un arbre centenaire veille la résurrection de la rivière

 

La pêche à la mouche y est difficile, et une canne très courte est indispensable. La pêche au tenkara peut être une bonne alternative. Les petites truites farios, de 20 cm en moyenne, sont d'une exceptionnelle vivacité. Il ne faut donc surtout pas se laisser distraire par la beauté des lieux.

 

À sa confluence, avec la Nive des Aldudes

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Une adorable rivière, hélas meurtrie par les étiages.

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Affluent en rive droite de la Nive, cette très jolie petite rivière de plaine d'une vingtaine de kilomètres connait malheureusement des étiages sévères. Périodes de sècheresse, prélèvements agricoles, etc ... toujours la même musique.

Et d'année en année, la baisse des populations de salmonidés est très inquiétante.

Force est donc de constater que le Laka (Lakako Erreka en langue Basque) est en très mauvaise santé.

Mais en début de saison, lorsque les niveaux sont encore corrects, il peut être une bonne échappatoire si la Nive et ses affluents ne sont pas "en ordre".

 

 

 

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C'est ma rivière "coup de cœur", par son caractère envoûtant ... et parce qu'elle ne ressemble à aucune autre, avec la couleur cuivrée de ses eaux et la beauté sauvage de son environnement.

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Longue d'une douzaine de kilomètres, elle prend sa source aux environs d'Elizondo, en Espagne. La vallée qu'elle traverse est fortement étroite et encaissée. L'activité humaine y est réduite à sa plus simple expression. En remontant le cours du Bastan, le nombre de maisons croisées peut être compté sur les doigts d'une main.

La route à suivre pour longer la rivière est repérée sur l'extrait de carte ci-dessous. Elle est très étroite et appelle à la prudence. Les bons parcours commencent en amont du "pont d'enfer", situé à 2 km de Bidarray. Attention, certains considèrent que le pont d'enfer se trouve sur la Nive, à Bidarray. C'est faux; il s'agit du pont Noblia. Cela peut induire en erreur bon nombre de pêcheurs.

Le Bastan est une rivière très minérale, et ses eaux sont d'une limpidité exceptionnelle, ce qui en fait sans aucun doute la rivière du Pays Basque la plus difficile à pêcher.

C'est aussi celle qui se prête le mieux à la pêche en nymphe à vue. L'approche doit être irréprochable et les pointes en 8 ou 10/100ème fortement conseillées.

 

 

Sur la première moitié de son parcours, le caractère torrentueux de la rivière est interrompu par des magnifiques radiers, qu'il convient d'attaquer à la façon d'un sioux.

Les derniers kilomètres, jusqu'à la frontière espagnole, sont beaucoup plus tourmentés, mais la rivière, peu profonde, reste relativement praticable. C'est le moment de choisir un petit palmer bien visible, et de pêcher chaque veine d'eau.

Si les truites sont "de sortie", on se rend facilement compte du potentiel exceptionnel du Bastan.

PS : si vous pêchez la partie amont de la rivière, il faut être vigilant de ne pas se retrouver à pêcher en Espagne.

Seule ombre au tableau, le Bastan est un lieu de prédilection pour les ballades familiales. Pendant les mois les plus chauds, il est très compliqué de trouver un spot qui n'a pas été "perturbé" par les randonneurs. Il faut donc privilégier les mois de mars à mai, et celui de septembre pour pêcher cette rivière.

Il faut également noter que, après un gros coup d'eau, les flans très abrupts de la vallée du Bastan éliminent rapidement les eaux de ruissellement. Ceci est loin d'être le cas pour la plupart des Nives du Pays Basque. C'est donc une rivière qu'il faut viser après de fortes précipitations, lorsque les autres sont impêchables.

PS : certains secteurs sont assez "sportifs". D'autre part, les réseaux GSM fonctionnent de façon très aléatoire dans la vallée du Bastan et les véhicules de passage sont rares. Si vous partez seul y pêcher, je vous conseille donc fortement d'en faire part à un proche.

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Et pour terminer, une photo de la délicate petite rivière Egurgy, perdue dans les hauteurs de la forêt d'Iraty.

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Affluent de la rivière du même nom (Iratiko erreka en langue basque), elle recèle des petites farios d'une incroyable vivacité. Il est conseillé de les ferrer avant même d'avoir vu la touche si on veut avoir la chance d'en accrocher une.

Je vous parlerai un peu plus tard de cette autre vallée du "bout du monde".

 

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Autres articles parus se rapportant aux Nives du Pays Basque :

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Avril 2016  ►  Émotions sur la Nive des Aldudes

Septembre 2016    Fermeture

Mai 2015  ►  Le week-end de tous les espoirs

Novembre 2015  ►  Tendres pensées pour mes Nives

Avril 2017  ►   Ô Nives, Ô désespoir

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