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Black Maria – une mouche à saumon assez simple

Extrait

Suite à ce mini défi que Mig et moi-même nous sommes lancé (dans ce sujet du Forum), Mig nous a proposé un mouche assez simple à monter, mais  magnifique : La Stoat's tail (queue d'hermine).

La balle était dans mon camp. Je vous propose la fiche de montage de la Black Maria. Le montage est fait selon la formule proposée par Freddie Rice dans "Fly-tying illustrated - Salmon and seatrout patterns".

A bien y regarder, la Stoat's tail proposée par Mig, et la Black maria, sont, somme toute, assez semblables. En dehors des propriétés physiques des matériaux, la seule réelle différence est un corps entièrement noir (Stoat's tail), versus un corps noir et jaune (Black maria).

Je suis novice dans ces montages, donc, j'ai interprété l'idée que j'avais des différentes étapes de ce montage. C'est très formateur, mais vos remarques et conseils seront les bienvenus!!!!

 


Inspiration

La Black Maria, modèle de Freddie Rice.

 


Liste des matériaux

  • Hameçon : Partridge "Low water single" en taille 2
  • Soie de montage : Noire 8/0
  • Queue : Plume de crête de faisan doré ("GP crest")
  • Butt : Un tinsel ovale argenté trouvé dans un magasin de loisir créatif
  • Corps : Danville's 4 strands rayon, 300 deniers, jaune et noire
  • Cerclage : Le même tinsel ovale
  • Gorge : Barbes de hackle de coq noir
  • Aile : Bucktail noir

Une petite photo du matériel utilisé.

Un zoom sur l'œillet de l'hameçon. Étrange pour ceux n'ayant monté que des mouches classiques sur des hameçons "normaux". En fait sur des hameçons classiques, l'œillet est soudé. Ici, la hampe de l'hameçon est simplement repliée sur elle-même.

 


1ère étape

Il vous faut d'abord positionner l'hameçon dans les mors de l'étau. Débuter alors les enroulements de la soie de montage à la base de l'oeillet.

 


2ème étape

Fixer alors le tinsel, dont l'épaisseur va participer à donner du volume au corps de la mouche.

 


3ème étape

En réalisant des spires jointives, amener la soie de montage à la courbure.

Cette étape va permettre de "définir" la largeur du butt

 


4ème étape

Il faut alors ramener la soie de montage juste au début de la courbure.

 


5ème étape

En faisant des enroulements jointifs de votre tinsel, former le butt. Il faut arrêter et bloquer le tinsel au niveau de la courbure.

Avant de fixer le tinsel avec votre soie de montage, dérouler celle-ci sur quelques tours afin de respecter ainsi parfaitement la largeur du butt que vous avez choisi. Ne pas couper votre tinsel.

 


6ème étape

A cette étape, fixer la (ou les) plume(s) de crête de faisan doré.  Pour cette mouche, j'ai utilisé deux plumes, alignées entre elles par la pointe des barbes. Je les ai alors parées, comme on peut le faire avec un hackle : il s'agit juste d'ôter - ou de rabattre vers la base du rachis -  les barbes situées à la base de celui-ci, en le tenant par la pointe.

On le voit bien sur la photo ci-dessous. Les plumes de crêtes sont fixées sur la partie supérieure de l'hameçon. La longueur de la queue est (environ) la moitié de celle du corps.

 


7ème étape

Ramener la soie de montage à la base de l'œillet, en emprisonnant les rachis.

Là également, cette étape permet aux rachis de participer au volume du corps de la mouche.

 


8ème étape

Maintenant, fixer la soie Danville.

 


9ème étape

Puis, ramener la soie de montage au nouveau du butt, en spires jointives.

 


10ème étape

Ramener alors la soie de montage au milieu du corps de la mouche.

 


11ème étape

Grace à la soie Danville, nous allons maintenant former la première moitié du corps.

Il va falloir débuter les enroulements de celle-ci derrière le brin de tinsel, de manière à occulter totalement la soie noire formant le sous-corps.

 


12ème étape

En faisant des enroulements de soie Danville aussi réguliers que possible, former alors la première moitié du corps. Il faut bien aplatir la soie Danville, ce qui proscrit l'utilisation d'un porte bobine. Celui-ci va en effet  vriller la soie lors des enroulements.

Pour bien l'aplatir, à chaque tour, tirer la soie vers le bas, tout en donnant de petits mouvements de gauche à droite. De cette manière, les fils constitutifs de la soie vont s'étaler sur le corps de la mouche. Puisqu'il ne faut pas utiliser un porte-bobine, couper donc au préalable un morceau de soie Danville de longueur suffisante. Quand votre soie Danville est à la moitié du corps de la mouche, la bloquer la avec la soie de montage noire, en ayant préalablement déroulé celle-ci sur quelques tours, tout comme vous l'avez fait pour le butt.

 


13ème étape

Maintenant, fixer la soie Danville noire.

 


14ème étape

Puis, grâce à des enroulements de soie de montage en spire jointives, ramener celle-ci derrière l'œillet. A cette étape également, la soie Danville va participer au volume du corps.

 


15ème étape

Faire des enroulements réguliers avec la soie Danville noire, de manière à former la moitié antérieure du corps. Fixer alors avec la soie de montage, après avoir préalablement déroulé celle-ci sur quelques tours.

Note: Personnellement, je trouve que réaliser un corps cylindrique et régulier est assez difficile. Sur cette mouche, je dirais même que c'est l'étape le plus difficile du montage. J'en ai discuté avec d'autres monteurs en herbe, et leur impression est la même. Réaliser un corps parfaitement homogène est bien plus difficile qu'il n'y parait. Prenez votre temps. Avec ces montages de mouches à saumon, j'ai appris à défaire ce que je venais de faire, pour le refaire de meilleure façon !

 


16ème étape

Ensuite, couper l'excédent de matériel au niveau de l'œillet (soie Danville, rachis des plumes de faisan doré), puis enrouler le tinsel. Il faut que celui-ci passe exactement à la jointure soie Danville jaune / soie noire. Ceci est cependant relatif, car votre séparation soie jaune/soie noire est parfaitement perpendiculaire à l'axe de la hampe (enroulement en spires jointives).

Par contre, les enroulements de tinsel se font en spires lâches, donc inclinés par rapport à cet axe de la hampe. Donc, si d'un coté de la mouche, le tinsel passera juste par cette jointure jaune / noire, de l'autre côté, cela ne sera pas le cas.

Trois spires sur la partie jaune, trois autres sur la partie noire. Fixer alors solidement le tinsel avec la soie de montage, en ayant déroulé au préalable celle-ci sur quelques tours.

Cette façon de faire - dérouler la soie de montage sur quelques tours avant fixation - est également un geste nouveau pour moi. Je pense le mettre en pratique sur des montages classiques.

Détail du montage: le tinsel passe juste à la séparation des deux soies.

 


17ème étape

Préparer une touffe de barbes de hackle de coq noir. Les barbes doivent être alignées par la pointe.

Faire pivoter les mors de votre étau afin d'avoir la partie inférieure de la mouche vers le haut.

Fixer alors les barbes pour former la gorge (pointes vers la courbure de l'hameçon).

La fixation des barbes doit se faire "en toit". Les pointes doivent arriver à la séparation de soie jaune / noire.

 


18ème étape

Tout comme pour les barbes de hackle, il faut maintenant préparer une  touffe de poils de bucktail noir. Le débat sur poils alignés (par les pointes) - ou pas - pourrait resurgir, chaque point de vue se tenant. J'ai donc plus ou moins aligné les poils par la pointe. Un compromis entre les deux approches.

Ces poils vont permettre de former l'aile, qui ne doit pas être trop fournie.

Il faut donc fixer cette touffe sur la partie supérieure de la mouche, la majorité de pointes devant se trouver à peu près à la pointe de la queue (représentée par la pointe les barbes de plumes de crête de faisan doré).

 


19ème étape

Ensuite, il faut parfaitement fixer ces poils, puis, couper tout le matériel en excès (bases des barbes et des poils), et former une tête assez développée.

Un triple nœud final au wipe finisher viendra achever les étapes de ce montage. Il ne reste plus qu'à couper la soie de montage.

 


20ème étape

L'ultime étape consiste à déposer du vernis noir sur la tête de votre mouche.

Contrairement aux mouches sèches classiques, la couche de vernis doit être assez épaisse, tout au moins de ce que j'ai pu lire, voir et entendre.

Voila, votre mouche Black Maria est achevée.

En vue de dessous.

Et vue de dessus.

Le montage de ce type de mouche est quand même assez différent des montages de mouches classiques (truite, ombre...), je trouve. D'abord pour la taille. Ensuite, nous ne réfléchissons pas en terme de légèreté, mais plus de qualité des matériaux.

Par exemple, je me demandais toujours pourquoi ce type de mouche utilise très souvent des plumes de crêtes de faisan doré. Et bien, lorsque j'ai reçu ces plumes, je me suis rendu compte que les barbes sont extrêmement rigides. Au fil des échanges avec Seagull et Mig, j'ai donc compris que c'est pour augmenter les vibrations, et donc l'attractivité, de la mouche.

Tout comme pour une aile en bucktail. Ainsi que vous avez pu le lire dans mon article sur les poils utilisés pour le fly-tying, ceux-ci vont conférer une forte flottabilité à la mouche...destinée à pêcher largement sous la surface. Mais en fait, il faut garder à l'esprit que la pêche des migrateurs se fait principalement sous l'eau, et que donc les soies (scandi, skagit...) vont amener la mouche sous l'eau. Donc, utiliser des matériaux flottant ne semble pas être un problème.

Donc, la flottabilité des matériaux n'est pas prise en compte, c'est plus leur rigidité qui est importante (poils de cervidés, d'écureuil, etc).

Je pense que monter des mouches migrateurs est donc une excellente école d'apprentissage, et de perfectionnement, en parallèle des montages classiques.

Pour finir, la Stoat's tail versus la Black maria.

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