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Une Belle du Gave d’Ossau

Semaine dernière. Avec mes deux enfants, je suis descendu une petite semaine sur Pau, ou vivent encore mes deux parents. Cela faisait depuis Noel que nous ne nous étions vus, maudit virus oblige, triste année 2020….

J’avais envie de les voir, j’avais aussi besoin de changer d’air après cette trop longue période de confinement, après cette perte de liberté qui m’a tant affectée…

Et puis, quand je vais là-bas, je passe toujours au moins une journée en montagne, dans cette chaine que j’aime tant, et que j’ai tant arpenté, à pied et en ski, alors que je vivais encore dans le Sud-Ouest, et une autre au bord de l’océan…J’en profite également pour aller faire un tour en Espagne, déguster quelques délicieux Tapas dans le vieux Donostia San Sebastian, et y faire quelques emplettes. Morue (on y trouve de la très belle morue, pas comme en France où vous payez une blinde des vieux trucs desséché), Manchego AOP, et autre cidres bruts, râpeux et amers, comme je les aime tant.

Mais là, toujours de part cette monstruosité microscopique, frontière fermée, j’ai du me contenter d’une mauvaise pizza à Hendaye, ce qui ne m’a pas empêché de faire un tour a St Jean de Luz, pour y prendre ce gâteau Basque à la cerise noire du Pays Basque, qui est délicieux chez Paries…L’occasion d’une belle photo du soleil déclinant, impression soleil baissant…l’occasion de ma première baignade de l’année dans l’Océan… Comme une renaissance!

 

 

La météo sur cette semaine est restée capricieuse. Temps correct le matin, changeant au cours de l’après-midi, pour devenir franchement humide le soir. Températures parfois fraîches. Avec l’Ami Pierrot, nous avions décidé de passer une journée ensemble, au bord de l’eau, à traquer quelques beaux poissons, déguster des spécialités locales, et refaire le monde…
Las, la météo capricieuse à rendu le Gave d’Oloron impêchable, et Pierrot a préféré annuler. Plus de 5 heures de routes dans la journée pour ne pas pouvoir pêcher était un peu trop, quand même.

Nous sommes mi Juin, c’est seulement le moment ou les vaches sont menées à l’estive. Plus tôt dans la saison, elles risqueraient de se perdre dans les tempêtes de neiges, encore possible jusqu’à la mi Juin, même à basse altitude.

 

 

J’ai quand même voulu tenter ma chance. Au moins, être sur des cours d’eau tellement différents de ceux que je connais en Anjou, des cours d’eau encore sauvages, parfois tumultueux, ou l’on voit de cincles plongeurs, ou l’on peut y croiser, avec un peu de chance un vison d’Europe, et ou de magnifiques truites farios sont encore présentes…Tout ce qui n’existe pas ou plus  dans la région ou je vis…

Mais, en regard de la météo, et des niveaux vérifiés grâce aux applications dédies, une chose était évidente: il me fallait aller en tête de bassin. Je jette mon dévolu sur le Gave d’Ossau, mais en amont du lac de Fabrège. J’aime tant cette vallée, avec le pic d’Ossau en arrière-plan, ce pic au sommet bifide, d’où, par beau temps, on embrasse tout le Bearn, le Pays Basque et la Sierra de Guara, haut lieu du canyonisme Espagnol.

Mon matériel prêt, je prends la route assez tôt (tout restant relatif, inutile d’y être à l’aurore non plus, les températures sont trop fraîches).. De Pau, il me faut une bonne heure pour y arriver. Je suis sur place vers 9 heures. Il faut frisquet, frais, même. Mon tableau de bord indique 6°C… Un peu plus loin, les sommets sont saupoudrés. Il a neigé dans la nuit…

Equipé, je commence à pêcher. En NAF. Inutile de penser pêcher en sèche avec cette température. Je peigne chaque veine de courant, chaque trou d’eau. Je change de nombreuses  fois de pattern. Pas une touche. Température et eaux trop froides….

J’abdique, reprend ma voiture et redescend vers le lac de Fabrège. Niveaux très hauts, pas d’activité. Je tente ma chance. Ici également, elle ne sera pas au rendez-vous.

 

Il est environ midi, le découragement est là. Je décide alors de rentrer chez mes parents,  les retrouver, retrouver mes enfants, également. Sur la route, je m’arrête au bord du Gave, à Aste Béon. Histoire de regarder les vautours, histoire de regarder le Gave.  Surprise, les eaux sont un peu hautes, mais pas tant que cela, et surtout, elles sont claires.

Un pêcheur à la mouche plie sont matériel. Je vais discuter avec lui. Il me dit qu’hier, sur le coup de 14 heures, il y a eu quelques gobages, un peu plus bas, sur un très beaux parcours en aval de Louvie Juzon.

Mon espoir renait, nous sommes au plus chaud de la journée (tout étant relatif, il ne fait que 16°C). Je me rends sur ce parcours, à quelques kilomètres.

De la passerelle enjambant le Gave à cet endroit, Je vois quelques poissons, petits, collés au fond, inactifs. L’eau est belle, mais froide. Allez, je m’équipe, descend doucement dans l’eau, rive droite, la meilleure. L’eau est profonde, je suis dedans jusqu’à la taille, à raser la bordure en remontant lentement, très lentement…. Tout a coup, à environ 5 mètres devant moi, pile en amont, sous une branche (évidement !), je vois un gobage. Rien ne vole, qu’a-t-elle pu prendre ? Je ne sais. Pas d’olive, pas d’ecdyo, je vois seulement une ou deux mouches de Mai dériver longuement, avant que de prendre leur envol.

Nouveau gobage…sur quoi est-elle ? Je ne sais. Alors, comme toujours dans ces cas-là, je me décide à nouer une Lilou sur ma pointe. En taille 18 avec cette température. Bas de ligne de 6 mètres, dont deux mètres de pointe en 10/100. Je ne peux me décaler pour l’attaquer trois quarts amonts, il y a trop d’eau. Il va me falloir la couvrir, il va me falloir être très discret, surtout sur ce parcours, connu, donc très péché. Un essai à blanc à côté, pour régler la longueur, un essai pour de vrai. Ma mouche dérive…Rien.

Deuxième essai, en décalant mon posé de 20 cm environ vers la berge. Gobage. Je suis surpris, je ferre d’instinct. La truite est au bout. Elle se défend bien, dans cette eau froide et oxygénée. Bientôt, elle est là, a mes pieds, puis dans ma main. Elle est belle, colorée, vive, puissante, faisant 35 cm environ. La mouche est au fond de sa gueule, elle n’a pas fait semblant, une vraie sauvageonne, une vrai fario du Gave d’Ossau. Il me faut utiliser le clamp pour ôter délicatement l’hameçon, même si celui-ci est sans ardillon. Je décide de la laisser repartir aussitôt, sans photo. Ne surtout pas compromettre ses chances, elle m’a offert tellement de joie…

C’était ma première truite de cette triste année 2020. Elle était magnifique, et cette année 2020 est un peu moins triste, grâce à elle.

Je verrai 4 autres gobages dans l’après midi. Aucune autre  truite, cependant, ne prendra mes mouches. Mais qu’a cela ne tienne….elle était si belle.

 

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