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Les bijoux de la vallée du Couserans, en Ariège

 

⬆️. Le Salat, dans sa partie haute


Je pêche à la mouche depuis une quinzaine d'années et il m'a fallu (trop) longtemps pour, un jour, aller trainer mes waders à la découverte du Salat et de ses affluents.

Sans doute n'y serais-je jamais allé si je n'avais pas eu un rendez-vous professionnel à Saint-Girons, et avec le recul, je réalise que je serais passé à côté de véritables petits bijoux, tant d'un point de vue halieutique que pour la beauté de leur vallée, qu'il faut apprendre à découvrir.

Une bonne vingtaine de sorties de 2 à 4 jours de pêche m'ont permis de "prendre mes marques" dans une région qui, par son caractère un peu rebelle et intime, échappe au touriste ou pêcheur pressé.

Je vous livre donc quelques souvenirs photographiques qui ont jalonné ces merveilleux moments passés dans la vallée du Couserans que je porte maintenant haut dans mon coeur de pêcheur à la mouche.


 

Vallée du Couserans

 


Le SALAT

Celui que l'on surnomme dans sa partie haute le "ruisseau de bébé" règne en maître sur la vallée de Couserans. Long de 75 km et bien moins connu que sa grande sœur (l'Ariège), il est à mon sens aussi attractif pour la pêche à la mouche.

Sa partie la plus intéressante se situe, selon moi, entre la confluence avec l'Arac et le village de Touille. La pratique y est aisée à la belle saison et la rivière peut être traversée en de multiples secteurs malgré sa largeur  (de 20 à 50 m).

Elle foisonne de magnifiques lisses où les coups du soir réservent souvent de belles surprises.

 

Magnifique lisse à l'entrée de Saint-Girons

 

Les bordures sont à prospecter en priorité. Les gros poissons viennent y marauder lors des chaudes journées d'été lorsque les éclosions de font rares sur la rivière.

À la bonne période (juillet), il est fréquent d'avoir dans la journée une ou plusieurs retombées massives de fourmis.

 

Une puissante fario prise sur le parcours ci-dessus lors d'une retombée de fourmis

 

L'urbanisme de cette vallée est très peu développé. Sa ville la plus importante (Saint-Girons) ne possède qu'environ 6000 habitants.

Ceci lui confère un cadre sauvage assez remarquable, dans lequel il fait bon trainer avec ses waders.

 

Vers Araux, en amont de Lacourt

 

Les truites du Salat sont très ... attachantes.

Lorsqu'on on les remet à l'eau, elles vous tiennent compagnie quelques instants.

Seule ombre au tableau : le Salat subit un niveau élevé de pêches illégales (asticotage), que j'ai souvent eu l'occasion de constater par moi-même 😡

D'autre part, la pratique du "buldo" y est très usitée. C'est une pêche comme une autre, mais force est de reconnaitre qu'elle fait des ravages.

 


L'ARAC

Cette petite rivière prend sa source dans le massif du pic des 3 seigneurs. Elle se jette dans le Salat après avoir serpenté sur une vingtaine de kms, dans une vallée encaissée.

Cette rivière est difficilement pêchable à la mouche avant le milieu du mois de juin. La fonte des neiges (sources à 1700 m) et les fortes précipitations relevées en sont les causes.

La pêche y est particulièrement intéressante car très technique. Mais elle nécessite une discrétion absolue. Je conseille une petite canne entre 7 et 8 pieds, avec un bas de ligne court.

 


Le LEZ

D'une quarantaine de kms, il représente à mes yeux l'archétype de la rivière pour la pêche à la mouche.

D'une taille moyenne, son alternance de radiers et de courants lents ou plus marqués permettent toutes les pratiques. Il présente également un profil torrentueux dans sa partie amont, à près de 2000m d'altitude.

Le Lez possède une très bonne population de truites farios. Les éclosions y sont fréquentes tout au long de la journée et la qualité de l'eau, limpide, y est excellente.

Passés les 15 premiers kms en aval, le cadre devient très sauvage et enchanteur. Nous sommes dans le fin-fond de l'Ariège, dans un environnement exceptionnel.

 

Entre Saint-Girons et Aubert

 

Une belle fario prise sur le Lez :

 

 


La BOUIGANE

Elle est un amour de petite rivière. Intime à souhait, elle est un cadre idéal pour celui qui veut s'offrir une journée "contemplative".

Longue de 25 kms, elle traverse des petits villages charmants dans lesquels il fait bon musarder, entre deux coups de ligne.

 

Bourg d'Audressein

 

Cette rivière est "bichonnée" par ses gestionnaires. Elle fut en effet le premier cours d'eau ariégeois dont la totalité des ouvrages hydrauliques ont été équipés de passes à poissons.

Les habitantes de la Bouigane ont une vivacité exceptionnelle, digne d'une rivière de haute altitude. Cette vivacité rivalise avec la beauté de leurs robes.

 


L'ARBAS

Petit ruisseau d'une vingtaine de kms, il se jette dans le Salat à Mane.

Son lit a la particularité de contenir beaucoup de roches karstiques qui sont à l'origine d'un très vaste réseau souterrain. L'un d'entre eux (réseau de la trombe) est très connu des spéléologues. Il est en effet le réseau le plus long du territoire français (115 kms en développé sur un dénivelé de plus de 1000 m).

La rivière est très agréable à pêcher, dans un cadre sauvage et peu fréquenté. Hélas, l'étiage y est très précoce et, d'année en année, il met à mal l'écosystème de ce cours d'eau.

 


Il est d'autres affluents du Salat qui mériteraient sans doute de figurer dans ce petit article. Mais je n'ai pas encore eu l'occasion de les parcourir.

Je pense notamment aux Garbet, Baup, Lens, Alet, et Lavin.


 

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5 réponses à “Les bijoux de la vallée du Couserans, en Ariège

  1. Ton article est très bien documenté :good: , je connais très bien la plupart de ces parcours car je les fréquente depuis plus de 20 ans, ainsi que l’étang de Labant près du col d’Agnes, un vrai petit paradis.
    Mais cet été la pêche y a été très difficile car les cours d’eau étaient envahis de touristes baigneurs bloqués à la frontière d’Espagne fermée ! :negative: Et que dire du Vicdessos voué au canyoning, impêchable :cry: .
    J’y retournerai l’an prochain, mais en septembre, plus calme. Peut nous rencontrerons-nous…

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