Solidarité locale entre boulangers

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      Jeep28
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      Rien à voir avec la pêche mais cette solidarité ne me laisse pas indifférent donc je partage.

      https://www.lechorepublicain.fr/nogent-le-rotrou-28400/economie/un-boulanger-d-eure-et-loir-victime-d-un-avc-sa-femme-fait-tourner-la-boutique-grace-a-la-solidarite-des-confreres_15064916/

      Avec son mari boulanger qui se trouve dans l’incapacité de travailler suite à un AVC survenu en juin 2026, Lydia Renard se bat pour maintenir à flot le commerce familial de l’avenue Foch, à Nogent-le-Rotrou. Elle peut compter pour cela sur la solidarité des confrères mais aussi sur une sacrée volonté.

      Dès 7 heures ce vendredi 16 octobre, les lumières de la boulangerie Renard, au 7 avenue Foch à Nogent-le-Rotrou, se sont rallumées. Après 15 jours de fermeture, Lydia Renard était plutôt heureuse de pouvoir rouvrir sa boutique avec de la marchandise dans les panières, des pâtisseries dans la vitrine réfrigérée et des viennoiseries dans une autre vitrine, de l’autre côté de la caisse.

      Ouvrir son commerce, c’est le défi qu’elle relève chaque jour, du vendredi au mardi, depuis que Yannick, son mari boulanger, se remet doucement des suites d’un accident vasculaire cérébral, survenu en juin dernier. Le couple, installé depuis 20 ans dans ce commerce de proximité, fréquenté par une clientèle de retraités et d’actifs du quartier mais aussi par des clients de passage, fait face à un coup dur.

      Un double combat, chacun de son côté
      Pendant que Yannick, hospitalisé la semaine dans une unité de rééducation à Dreux, continue de se battre pour recouvrer ses facultés, Lydia se bat quant à elle, à Nogent-le-Rotrou, pour maintenir à bout de bras le commerce familial. « J’espère qu’on va y arriver », confie-t-elle en laissant couler quelques larmes sur ses joues dès qu’on la félicite pour son courage et sa volonté.

      « C’est arrivé le 9 juin, se reprend l’épouse du boulanger. Mon mari, sujet à des crampes au niveau des jambes, n’était pas encore levé. Je ne dormais pas cette nuit-là. Je lui ai demandé si ça allait, il ne m’a pas répondu. Lorsque j’ai serré sa main et qu’il est resté sans réaction, j’ai tout de suite compris que ça n’allait vraiment pas ». Le diagnostic est vite posé par les secours appelés sur place : Yannick Renard, 55 ans, vient de faire un AVC.

      La solidarité des confrères
      Au-delà des questions d’hospitalisation et de prise en charge en rééducation pour Yannick, le problème de l’ouverture du commerce s’est également très vite posé. Lydia Renard raconte : « J’ai bien sûr été obligée de fermer tout de suite pour un mois. On avait toutefois une commande importante à honorer pour un gâteau d’anniversaire et on avait toute la matière première. C’est Nicolas Grasteau, de la boulangerie L’Instant Passion, rue Saint-Hilaire, qui a accepté de préparer la commande. »

      Elle poursuit : « J’ai ensuite pu faire travailler durant les deux mois et demi de l’été un boulanger auto-entrepreneur. Cela nous a permis de maintenir l’activité mais ce n’est pas viable au niveau économique ». Lydia Renard n’a donc pas pu maintenir cette collaboration. Alexis Cadieu, du Fournil de la Herse, lui avait déjà proposé un coup de main en juin dernier. « J’ai donc dû aller lui demander de l’aide ainsi que chez Mille Duchesses, les confrères de la rue Villette-Gâté », explique Lydia Renard.

      « De la pâtisserie de ménagère »
      En évoquant cette demande, Lydia Renard peine de nouveau à contenir son émotion : « On n’a pas l’habitude de demander de l’aide ou quoi que ce soit avec mon mari. On s’est toujours débrouillé par nous-mêmes. » Pour cette réouverture depuis vendredi, les deux confrères du centre-ville lui fournissent le pain qu’elle vend en boutique.

      « Je me suis levée à 4 h 30 ce matin pour faire cuire mes pâtisseries. C’est du frais et du fait maison. J’ai juste manqué mes flammes à la crème au beurre sur mes religieuses », regrette la femme du boulanger. La poche à douille a, paraît-il, « passé un sale quart d’heure », selon l’apprentie pâtissière de 48 ans. « Jusqu’à présent, j’avais vu mon mari le faire mais je n’ai pas son coup de main. Pour l’aider, c’était moi qui confectionnais les biscuits tels que les cookies ». De la « pâtisserie de ménagère », comme aime à lui dire

      Yannick.

      En même temps qu’elle est passée au fournil pour la pâtisserie et la viennoiserie, Lydia Renard s’est aussi investie sur les réseaux sociaux depuis l’accident de santé de son mari. Sur la page Facebook de la boulangerie Renard, Lydia donne régulièrement des nouvelles de Yannick et de son activité. « Qui a dit qu’il n’y avait pas de solidarité entre les boulangers de Nogent-le-Rotrou ? Pas moi ! », a-t-elle posté il y a quelques jours en même temps qu’elle annonçait la réouverture de la boulangerie-pâtisserie.

      Elle y remercie ainsi chaleureusement les deux confrères nogentais qui lui permettent d’assurer ce « dépôt de pain ». Par souci de transparence avec la clientèle, elle y annonce aussi : « Pour la pâtisserie, ce sera ce que je sais faire […] Malheureusement, la viennoiserie sera du congelé. Désolée d’être honnête. Tout cela parce que je ne sais pas encore quand Yannick pourra reprendre et je lui ai promis de tenir le coup jusqu’à son retour ».

      Une tendance à ne pas s’écouter
      Son courage et sa volonté font depuis le mois de juin l’admiration des clients de la

      boulangerie. « C’est très bien qu’elle ait pu rouvrir, on est très content de pouvoir trouver du pain dans le quartier d’autant que la boulangerie Huet de la rue Saint-Hilaire a fermé il y a quelque temps suite à un départ en retraite », nous confiait hier matin un client de la boulangerie Renard.

      Lydia Renard se retrouve encouragée. « Beaucoup de clients qui m’en parlent saluent en effet mon courage. C’est vrai que j’appartiens à une génération à laquelle on a toujours appris qu’il fallait se battre », raconte-t-elle. D’autres clients, sans doute plus par bienveillance que par nonchalance, lui disent aussi qu’elle est « dingue » de continuer et qu’elle ferait bien de « lever le pied ». « C’est vrai, convient l’intéressée, on a tendance à ne pas assez s’écouter… »

      En attendant, pour assurer, seule, l’ouverture de sa boulangerie de 7 heures à 19 h 30 aujourd’hui et de 7 heures à 18 heures ce dimanche, Lydia Renard se sera de nouveau levée tôt ce matin.

       

      Dites aux gens qu'il existe un milliard d'étoiles dans la galaxie et ils vous croiront. Dites-leur qu'il y a de la peinture fraîche sur une chaise et ils auront besoin d'y toucher pour se convaincre. K. Garbutt

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